7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Rachid Mekloufi, rebelle du football (2)

Mis à l'honneur dans un documentaire qui sera diffusé par Arte le 15 juillet prochain, Rachid Mekloufi s'est confié au site Football Mag. Extraits.

"Au départ, on m’a contacté tout simplement, à propos de l’équipe du FLN (Front de libération nationale), et j’ai accepté naturellement. On ne m’a pas parlé de rebelles du foot. J’ai accepté de figurer dans ce documentaire parce que cette équipe a besoin que l’on sache vraiment qui elle était. C’est un moment très important de l’histoire de l’Algérie. Ce mouvement révolutionnaire a été reconnu par la suite, même par le président du gouvernement algérien en personne.

Mon départ au FLN ne s'est pas passé comme prévu. Je devais disputer un dernier match avec Saint-Etienne, contre Béziers, et partir ensuite. Mais je me blesse à la tête, je suis hospitalisé. Arribi, qui jouait à Lens, et Kermali, de Lyon, sont venus pour me chercher à l’hôpital. On est parti en voiture. Quand on arrive à la frontière, le groupe de l’Italie est déjà dehors et la presse a commencé à évoquer les fuites des joueurs. Le douanier, heureusement, n’a pas écouté la radio, sinon ils nous arrêtaient. J’étais au Bataillon de Joinville, un militaire, j’aurais été traité comme un déserteur. Ça s’est joué à rien.

Après 1962 et les accords d'Evian,  je suis retourné à Saint-Etienne, j’avais 25, 26 ans et ma carrière n’était pas encore finie bien sûr. Le président de l’ASSE était inquiet par rapport à moi, à ce que j’avais fait, il craignait la réaction du public. Pour mon premier match, alors que l’équipe était en D2, ils étaient 20 000 à Geoffroy-Guichard. A l’entrée des deux équipes, l’ambiance était glaciale. J’ai eu beaucoup de chance, sur le coup d’envoi, je fais deux trois slaloms et je marque, et là c’est l’ovation. Depuis ce jour-là, j’étais la coqueluche de Saint-Etienne."