Gradel remercie le ciel et Canelle
Dans sa dernière édition, l'hebdomadaire ivoirien Prestige publie un long entretien de Max Gradel. Le numéro 9 de l'ASSE en profite notamment pour rendre grâce à Dieu et à sa femme Canelle.
"A Saint-Etienne, j’ai signé pour 4 ans. Après, je ne sais pas. Je suis comme une marchandise, plus les enchères montent, plus cela est intéressant pour moi. (Rires). Je suis à ma première saison ici et je m’intègre toujours. J’essaie de me créer un petit espace au sein de cette équipe et faire de mon mieux à chaque match. Je n’ai pas l’impression d’être sur un nuage parce que tout n’a toujours pas été rose pour moi. J’ai travaillé dur pour en arriver là. Je sais ce qu’il faut faire pour être à ce niveau : travailler dur et confier tout à Dieu, le Tout-puissant. Je ne suis pas surpris de ce qui m’arrive.
Quand j’étais jeune, je partais au village avec ma mère, une femme Abbey d’Agboville. Au village, ils avaient beaucoup de rituels auxquels il fallait se plier. Et nous, étant des ignorants, nous partions avec eux nous plier à ces rituels, tout de blanc vêtus. Dans cet univers, la sorcellerie était très souvent évoquée comme influençant très négativement la vie des gens. Il fallait donc s’appuyer sur une puissance supérieure. Quand j’ai grandi, je me suis confié à Dieu qui est au-dessus de tout. Ma foi vient aussi de ma femme qui croit beaucoup en Dieu. Depuis que je l’ai rencontrée, j’ai totalement donné ma vie à Dieu, et même si je ne suis pas parfait, je sais que l’Eternel existe, et j’ai sa crainte.
Quand j’étais en Angleterre, j’étais toujours mis en réserve en équipe B, attendant qu’un joueur se blesse pour être sollicité, parce que j’étais vraiment performant. Mais c’est comme si le coach de l’équipe A ne me voyait pas. Je ne comprenais pas pour- quoi il ne voulait pas me sentir. Jusqu’au jour où j’ai fait la rencontre de ma femme. Qui a commencé à me parler de Dieu. C’est grâce à elle que je me suis fait baptiser. Après, c’était comme une délivrance pour moi, parce que ma carrière a changé, j’ai commencé à marquer but sur but et je me suis enfin senti à ma place. Mon mariage qui a respecté tous les principes religieux, a décanté la situation à mon niveau. Parce que je savais que Dieu n’aime pas que l’on sorte avec une femme sans être marié avec cette dernière. Après, plusieurs évènements heureux ont suivi et cela nous a fortifiés davantage. Dieu ne nous a jamais abandonnés et je sais qu’il ne le fera jamais.
Si ma femme est loin de moi, je me sens mal à l’aise dans ma peau. Quand je ne prie pas, elle est toujours là pour me rappeler au devoir de prière. Et je m’y mets de bon cœur et cela m’apporte un bien fou. Ma femme est comme une mère pour moi. Je sais qu’elle m’aime pour ce que je suis et non pour ce que j’ai. Elle m’aime d’un amour vrai, sincère. Parce que quand je l’ai rencontrée, je ne connaissais pas encore Dieu. C’est elle qui m’a mis sur la droite ligne quand j’étais un peu égaré dans la vie. Elle a été d’un grand soutien pour moi, parce qu’au moment où je la rencontrais, je n’étais pas celui que je suis aujourd’hui. Elle me donne des conseils et fait tout pour moi. Je ne veux pas qu’on la voie quelque part. C’est mon trésor à moi. Je la protège à tel point que des fois, elle me dit que je ne la fais jamais sortir pour l’amener à des concerts et autres évènements. Mais je lui dis toujours que cela n’est pas fait pour elle, parce qu’elle est faite pour moi. Je veux la garder pour moi, parce qu’elle est tout pour moi."