Les derniers maux de Jean-Pierre
Victorieux en Italie le 16 février 1994 lors de son unique sélection en équipe de France, Jean-Pierre Cyprien s'est blessé gravement au tendon d'achille trois semaines plus tard avec Sainté lors d'une défaite à Caen. Coach sportif sur les machines Power Plate depuis 5 ans, l'ancien défenseur central stéphanois revient sur cet épisode douloureux de sa carrière dans un entretien paru sur So Foot.
"Je restais sur de bonnes performances avec Saint-Étienne, j’ai eu l’Étoile d’Or France Football l’année d’avant… Je me rappelle que c’est Jean-Michel Larqué qui était venu m’annoncer la nouvelle de ma sélection, après un match contre Marseille à la maison. Trois-quatre jours avant le match contre l’Italie. Ces jours-là, je les ai savourés. Aimé Jacquet m’a rappelé après ma blessure, pour me dire : « Je compte sur toi, tu ne seras pas là contre le Chili, mais rétablis-toi vite. » J’étais content sur le coup, parce qu’il m’a fait comprendre qu’il comptait sur moi pour la suite, mais après, quand j’ai dû me refaire opérer, ce fut dur, très dur. Le plus important, c’est que j’ai pu rejouer au football, finalement.
J’étais en fin de contrat avec Saint-Étienne, et à ce moment-là, juste avant ma blessure, j’avais l’embarras du choix pour la suite de ma carrière. Mais la blessure a fait que les prétendants se sont écartés, d'autant que je revenais difficilement, et seul le président du Torino (Gianmarco Calleri de son nom) a voulu miser sur moi. À mon arrivée, ils ont fait des radios et se sont rendus compte que le tendon était cassé. En fait, mon opération à Saint-Étienne avait été mal faite, et je devais repasser sur le billard. Je m’en souviendrai toujours, c’est le docteur Paolo Rossi qui m’a opéré. Comme l’avant-centre, ouais. L’intervention s’est bien passée, mais quand ils m’ont opéré, ils ne savaient pas si je pourrai rejouer au football ou pas. Mais ça, je n’étais pas au courant. Seul Pape Diouf, mon agent, et le président du Torino le savaient. Ils m’ont remis sur pied, heureusement. Quand je pense que beaucoup de joueurs italiens de l’époque préféraient se faire opérer en France… Bah, moi, j’ai fait l’inverse."