Coupet, arrêt de jeu (10)
Dixième extrait d'Arrêt de jeu, autobiographie de Grégory Coupet parue ce mois de mai aux éditions du Rocher.
"Comme certains de mes partenaires, je ne supporte pas d'entendre ou de lire l'expression "les vrais Verts". Et nous, on est quoi ? Des jaunes, des rouges ? Nous n'étions certes pas là en 1976, nous n'avons pas contribué aux grandes heures du club, mais nous nous battons avec nos propres armes. Les anciens Verts, dont certains sont très forts pour donner des leçons, n'ont jamais connu la galère dans laquelle nous sommes alors engagés. C'est le cas lors de la saison 1994-1995, et encore plus vrai la suivante, puisqu'on se fait même agresser par nos propres supporters.
Je le raconte avec sérénité aujourd'hui, mais j'ai vraiment eu les jetons le soir même. Au retour d'un match à Gueugnon, sur l'autoroute, deux ou trois types nous balancent un parpaing qui touche la vitre avant du car. Au péage, on tombe ensuite sur un car de supporters. Notre chauffeur panique et commence à vouloir faire marche arrière ! Dans notre bus, ça hurle, ça panique, tous les joueurs lui ordonnent d'arrêter. On est prêts à descendre et à aller se battre s'il le faut ! Heureusement, une voiture de police arrive à ce moment là et on évite le choc. Ce souvenir me fait encore froid dans le dos."