7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Mekhloufi enfonce le clou

Une semaine après avoir lancé son académie*, Rachid Mekhloufi a fait une sortie remarquée sur la chaîne II de la radio nationale algérienne. C'est vert mais juste !

"Vous savez, durant la période allant de 1963 à 1972 il y avait d’excellents joueurs. A l’indépendance, nous avions continué à travailler, nous joueurs de l’équipe du FLN, avec l’esprit de la Révolution. Ainsi, Kermali, les frères Soukhane, Maouche, Amara et tous les autres frères de combat ont été chargés, chacun dans sa région, de faire un travail de prospection au niveau des jeunes et de former aussi des entraîneurs qu’ils avaient placés sur tout le territoire national. Nous avions effectué un travail de fond qui a fini par porter ses fruits. Les résultats enregistrés durant les Jeux Méditerranéens de 1975, des Jeux Africains de 1978 et la qualification en Coupe du monde en 1982 ne sont pas venus comme ça. C’est grâce à la planification et au travail qui se faisait à la base. Vous me donnez l’occasion de lancer un appel aux pouvoirs publics pour leur demander de tout refaire à zéro et de construire sur des bases solides en faisant appel aux compétences et en mettant à la disposition de ces dernières les moyens nécessaires.

C’est vrai que notre équipe s’est qualifiée au Mondial et cela nous a procuré de la joie, mais je dis que notre participation à la Coupe du monde en Afrique du Sud a été très moyenne. Vous me dites qu’elle risque de ne pas participer à la prochaine Can, je vous réponds que c’est la conséquence de la gestion approximative de notre football. En résumé, l’équipe nationale a été construite sur du faux. Le joueur local est déconnecté. Au lieu de jouer dans la perspective de rejoindre l’équipe nationale, il est démotivé en voyant les responsables ne faire appel qu’aux joueurs professionnels. Même chose pour le sélectionneur qu’on limoge au moindre faux pas. Où est la stabilité ? A notre époque, la stabilité n’était pas un vain mot. De 1974 à 1979, aucun entraîneur n’a bougé de sa place. Mieux encore, nous n’acceptions pas que l’on s’immisce dans notre travail. Voyez maintenant nos entraîneurs. Ils sont marginalisés et esseulés.»

Moi aussi je veux aider notre football à sortir la tête de l’eau, mais soyons sérieux. J’ai 74 ans et mon apport ne peut être qu’indirect à travers des conseils si, bien sûr, on estime que je peux en donner. En tout cas, même si je le pouvais, je ne m’impliquerais jamais directement. Mon expérience avec la candidature à la présidence de la FAF m’a fait beaucoup de mal. J’ai été sorti de la course comme un malpropre. D’ailleurs, j’avais quitté la salle de l’Assemblée Générale de la Faf en pleurs, tellement la magouille était flagrante. La place de Madjer est sur le terrain, en patron de notre football national. Comme ce fut mon cas, il aura la tâche de planifier et de restructurer le football avec les Merzekane, Fergani, Assad, Dahleb, Menad et tous les anciens joueurs des années fastes qui sont toujours marginalisés. Voilà la mission qu’on doit confier à Madjer."

*http://www.poteaux-carres.com/potin-B2320101103061705-Le-dernier-defi-de-Mekhloufi.html