Galette se la joue Henry's
Le célèbre funambule stéphanois Henry's a trouvé son successeur : Christophe Galtier, interrogé dans la Pravda du jour. Extraits.
"Je suis très proche de mon agent Jean-Pièrre Bernès et de Didier Deschamps aussi. J'ai connu Didier en équipe de France Espoirs, je n'ai jamais joué avec lui en club ni travaillé avec lui. Mais on a souvent échangé, oui. A travers des discussions, des coups de téléphone, des repas, je prenais note de certaines choses. J'ai passé mon premier diplôme d'entraîneur à seize ans. J'aime les rapports humains, la gestion d'un groupe. Il peut y avoir quelque chose de jouissif à tenter quelque chose sur un match, et réussir à convaincre les joueurs de le faire.
Il n'y a rien de plus important que l'équipe professonnelle dans un club, et parfois les gens l'oublient. Mais je souhaite que la personne qui s'occupe de la comptabilité, par exemple, puisse rencontrer les joueurs pros, qu'elle découvre qu'avant le joueur, il y a un homme, ou un gamin. Ces valeurs existent. Après, qu'un joueur veuille partir, ne soit pas présent la veille d'un match en fin de mercato, c'est le système qui est comme ça. Les joueurs ont parfois du mal à penser collectif, mais nous, entraîneurs, on ne doit pas baisser les bras.
Si "l'affaire Payet" m'a touché ? Ma femme vous dira que oui. Oui, parce que c'est mon caractère, mais je ne lui en veux pas du tout, je ne suis pas rancunier. Ça m'a permis de grandir aussi. Je l'ai mis devant ses responsabilités. Je lui ai rappelé l'incidence qu'aurait pu avoir son attitude si on avait perdu contre Toulouse. Je voulais qu'il se rende compte. Il a eu ce comportement parce que ça a été fait avant par d'autres joueurs, qui ont eu gain de cause. Le club a eu la bonne attitude. C'était l'aspect sportif d'abord. Et ensuite, aussi, en tant qu'entraîneur et éducateur, c'était montrer à nos jeunes qu'on ne fait pas comme on veut. Maintenant, la page est tournée.
Je pense que la défaite dans le derby, c'est aussi une page de tournée. Les joueurs ont eu deux jours pas simples, parce que ça a fait 4-1 ! Il n'y a rien de cohérent entre le résultat et le contenu du match. Mais je suis content que les joueurs aient joué le mach comme ils l'ont joué. J'ai vu de la déception chez les supporters, mais pas de colère, parce qu'on a tout donné.
Je veux arriver à 42 points, et là, on verra combien de matches il restera. Mais si on n'était pas dans les cinq, je ne serais pas déçu. Je serais même très heureux si on était dans les huit. Après, le club doit avoir d'autres ambitions. Mais on ne sort pas de deux saisons difficiles indemne. Ce club a un tel potentiel, de tels moyens qu'il doit s'installer durablement dans les huit premiers de la L1. Les supporters stéphanois ne connaissent toujours pas le Stade de France. C'est une anomalie.
C'est un club exposé, le seul club qu'on appelle par sa couleur. On est les Verts. Quand il y a de la passion, c'est difficile d'avoir une analyse juste, parce que la passion rend aveugle. Et la passion n'est pas loin non plus de la haine, quand ça ne va pas. Il faut gérer tout ça. Parfois, je suis un funambule. C'est fatigant, mais excitant."