7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Machado sort de l'ombre

Etincelant contre Lorient, Paulo Machado revient sur son parcours dans un entretien accordé à Eurosport. Extraits.

"J'ai commencé dans mon quartier, à côté du futur stade du Dragao, à Cerco Porto. On jouait dans la rue, parfois avec des oranges car on n'avait pas les moyens d'acheter des ballons. A dix ans, je suis allé à Porto, mais je n'ai pas aimé, je suis revenu au quartier. Il y avait trop d'exigences, trop de pression, déjà. Même à cet âge, on sent que c'est un grand club, il faut travailler tout le temps. Il fallait être tout le temps à l'heure, c'était trop pour moi. Je voulais juste jouer au foot. J'ai eu l'occasion de revenir à Porto. J'en ai parlé à mes parents. Ils m'ont dit : "tu as de la chance de pouvoir aller là-bas". J'ai compris que je pouvais sortir de mon quartier, et cette fois, j'ai continué. Et puis, je voyais mes amis en prison, je ne voulais pas que ma vie suive le même chemin. Je me suis mis dans le bain. Je suis de la promotion de Nani, Coutinho, Manuel Fernandes. A l'époque je jouais en 6, comme Capoue, et je suis monté d'un cran pour valoriser ma technique. A ce jour, je suis toujours celui qui a eu le plus de sélections chez les jeunes au Portugal : 92.

 J'avais 16 ans quand je suis devenu pro. Ce sont mes parents qui ont signé le contrat. J'avais fait l'Euro des moins de 17 ans, que nous avions gagné en 2003, et des clubs comme Arsenal ou l'Ajax étaient sur moi. J'ai signé sept ans sans jamais avoir joué en équipe première. C'est Mourinho qui m'a lancé contre Barcelone au stade du Dragao, pour un match amical. Tout ce dont je me souviens de ce match, c'est que c'était aussi la première de Messi, qui avait 15 ans à l'époque. Personne ne connaissait ce Messi dont tout le monde parlait. D'un coup, il prend le ballon et dribble cinq mecs. On voyait déjà qu'il serait un extraterrestre. A chaque fois, il prenait le ballon : un, deux, trois, quatre, cinq défenseurs passés. C'était abuser... Deux ans plus tard, il était incontournable au Barça.

Mes débuts avec Porto, c'était la saison de la victoire en Ligue des champions, en 2003-2004. Mourinho était déjà un coach incroyable. A tous ceux qui étaient remplaçants, à tous ceux qui n'étaient même pas sur la liste, il disait qu'ils auraient leur chance. Moi il me disait : "Tu vas rester avec moi, et tu vas jouer". Mais il est parti à Chelsea. Cette saison-là, j'étais souvent dans le groupe, mais je n'ai pas joué, donc je ne suis pas champion d'Europe. Quand Mourinho est parti, j'ai été prêté à Amadora, puis à Leiria et à nouveau à Leixoes. C'était ma meilleure saison au Portugal (2006-2007), j'avais marqué beaucoup de buts. Mais finalement j'aurai joué quatre matches à Porto avant d'être prêté à Saint-Etienne. Cette fois, Porto voulait que je reste, mais j'ai dit : "Non, je vais progresser hors du Portugal". Venir en France, c'était une chance. Saint-Etienne était venu voir des joueurs du Sporting lors d'un match contre Leixoes. Et c'est ce jour-là que j'ai fait mon meilleur match...

Au Portugal, il n'y a que trois bonnes équipes. En L1, six ou sept. Ici c'est plus le physique. Dès la préparation, c'est impressionnant. J'ai progressé sur ce plan, dans les contacts surtout. En 2008, à deux journées de la fin, le président et le coach de Toulouse m'ont téléphoné, mais j'ai dit : "Je finis la saison à Saint-Etienne, et on se parlera après". Saint-Etienne voulait me garder mais Toulouse jouait l'Europe. Je savais qu'à Saint-Etienne, il y avait des problèmes pas faciles à gérer. Ici, j'aime la façon d'être du club. On a une bonne équipe mais on est assez instable. Ce n'est pas la jeunesse, c'est le mental. On sait qu'on peut avoir une grosse équipe et on manque d'agressivité, on oublie parfois qu'il faut le montrer sur le terrain. J'ai prolongé jusqu'en 2015 à Toulouse parce que je voulais rendre la confiance que l'on m'a donnée. Je me suis bien adapté. Je veux être un peu stable."