Larqué vert de rage ! (26)
26ème extrait de "Vert de Rage" (éd. Calmann-Lévy), livre de Jean-Michel Larqué publié le 27 janvier dernier.
"J'ai connu Michel Platini quand il était à Nancy et moi à Saint-Etienne. On jouait l'un contre l'autre alors que son club était en D2 lors d'un quart de Coupe de France à Nancy. L'arbitre de la partie était Michel Vautrot. A un moment du match, il siffle un coup franc indirect en faveur des Nancéiens. La loi du jeu stipulait qu'avant que le ballon ne soir retouché par un partenaire ou un adversaire, il devait avoir parcouru l'équivalent de sa circonférence. Le coéquipier de Platini effleure le ballon, Michel tire et marque. Mais la balle n'avait pas parcouru l'équivalent de sa circonférence. Je l'indique à l'arbitre : "Monsieur l'arbitre, avant de poser des réserves techniques, je vous informe que le ballon n'a pas parcouru l'équivalent de sa circonférence avant d'être frappé par Platini. Je vous demande d'annuler le but." Vautrot l'avait bien vu, mais pensait que ça passerait. Il a donc dû annuler le but. Depuis ce jour-là, Platini a considéré que j'étais un peu un "enculeur de mouches". Nos rapports commençaient de manière un peu tendue…
Après cet épisode, nos rapports sont devenus excellents. Nous avons beaucoup joué ensemble par la suite avec le Variété. On se taquine souvent à propos de Saint-Etienne, car je considère que je fais partie des "vrais Verts", ceux de 1973-1976, et lui, seulement des Verts. Nous ne sommes pas amis, mais Michel sait qu'il peut m'appeler en cas de besoin et vice-versa. Nous partageons, en plus, une certaine vision du football. Je n'abuse pas de cette relation. Ce serait un opportunisme de courte durée. Je ne me sers pas de lui pour me placer ou me la jouer. C'est un copain. Il est chambreur, mais, en revanche, n'aime pas trop qu'on le chatouille."