Les autres Verts de Mémé
Lors d'un entretien publié hier dans Le Buteur, Aimé Jacquet évoque ses liens avec l'Algérie. Extraits.
"J’ai beaucoup d’amis algériens. J'ai même joué en Algérie un match amical à l’occasion duquel on a été reçus par le président Ben Bella qui avait été destitué quelques jours après par Boumediène. C’était un événement sportif important, mais aussi politique. Je suis toujours en contact permanent avec Rachid Mekloufi qui a été l’un des plus grands joueurs du football algérien. C’est un ami intime à moi, puisqu’on a joué ensemble à l’ASSE. Rachid était mon maître, tellement il était grand et élégant. En plus de Mekhloufi le joueur, c’est une grande personnalité aussi. Je l’admire beaucoup. D’ailleurs, on s’appelle régulièrement.
J’étais en contact avec les responsables du football algérien à l’époque où j’étais directeur technique national. J’ai même envoyé certains entraîneurs français pour travailler en Algérie. Vous savez sans doute mieux que moi que le football algérien était mal dirigé. Il y avait aussi des problèmes d’infrastructures. Mais heureusement que maintenant ça commence à progresser, je le sens.
Je suis très heureux de la qualification de l’Algérie en Coupe du monde. Mais mon souhait le plus cher est de donner la chance aux jeunes qui jouent au football d’exercer leur métier. Je sais qu’il y a beaucoup de jeunes pétris de talent, mais qui n’ont pas la chance de le prouver. Les clubs algériens doivent suivre l’exemple de la France et bâtir des petits centres de formation pour les jeunes.
La majorité des internationaux algériens ont été formés dans des centres de formation français, c’est une fierté pour moi, mais aussi pour tous les Français, puisque cette politique a porté ses fruits. C’est ce qui se fait un peu partout dans le monde. Parfois, on dit «académie» mais c’est la même chose. Pour ce qui est des joueurs algériens, je pense que c’est un plaisir pour nous de les voir défendre les couleurs de la sélection algérienne. On peut dire ce qu’on veut sur les relations entre les deux pays, mais il existe une grande fraternité entre nous."