Marchal, l'homme blessé
Sorti au bout de 13 minutes de jeu contre Sainté le 1er septembre dernier, Sylvain Marchal a rechuté contre Valenciennes le 10 novembre. Souffrant toujours à la cuisse, l'ancien défenseur central stéphanois n'a plus rejoué depuis. L'homme blessé s'épanche aujourd'hui dans "Libé".
"Entre 19 et 22 ans, j'ai été continuellement blessé : ligaments croisés du genou, ligament latéral de la cheville, fracture de fatigue. Je n'y voyais pas - et n'y vois toujours pas - une injustice pure. Je sortais. J'étais moins sensible à la diététique ou au fait de boire sans arrêt pour nettoyer les muscles. Et j'avais énormément donné dès 15 ans, y compris dans les sélections de jeunes, sans vraies vacances. Moi j'ai connu les blessures. Et les rechutes. Du coup je m'écoutais beaucoup : "Tiens, là, t'es pas blessé !" Tu y laisses une énergie folle. J'avais un petit contrat : je n'ai pas culpabilisé par rapport au salaire. Mais j'avais l'étiquette de joueur blessé dans mon club de l'époque, le FC Metz, et il a fallu partir.
Ces blessures m'ont changé en tant que joueur. Avant, j'étais dans l'impact, le duel. Un aveugle entend mieux : j'ai développé l'anticipation, la lecture du jeu. Je suis devenu aussi plus vigilant sur mes passes et mes contrôles, pour ne pas être en situation de récupérer le ballon si je le perds. J'ai perdu trois kilos, c'est ça de moins pour les articulations. Sans ces blessures, j'aurais peut-être été titulaire en Ligue 1 à 19 ou 20 ans, ce qui peut déboucher sur une toute autre carrière que celle que j'ai connue. Elles ont cependant construit l'homme et le joueur que je suis.