Un Ange passe, un Coq reverdit (3)
18/04/2011
Le Coq Sportif sort aujourd'hui sa ligne de vêtements "L'Ange Vert". Grande icône de la marque, Yannick Noah en profite pour rendre hommage à l'ASSE de Dominique Rocheteau dans La Gazette du Coq.
"A l’automne 1975, lors du début de la grande épopée de Saint-Etienne en Coupe d’Europe, j’étais pensionnaire à Nice. La pension, ce n’est pas toujours drôle. Sauf lorsqu’il y a un match. Car cette année-là , les seuls soirs où l’on nous autorisait à regarder la télévision, c’était lorsque Saint-Etienne disputait une rencontre de Coupe d’Europe. Alors dès qu’ils gagnaient, on savait qu’on avait une autre soirée de folie en perspective. Autant vous dire que c’est comme cela et pour cela que je suis devenu supporter de Rocheteau. Pour nous, les matches de Saint-Etienne, c’était un peu la « perm » ! On en parlait deux ou trois jours avant, on faisait des pronostics sur les buts qu'allait marquer Dominique, on était comme des dingues !
A l’époque, on passait aussi notre temps libre à jouer au Subbuteo. C’était un jeu avec des figurines de joueurs de foot, qu’on faisait avancer ou tirer avec l'ongle, d'une sorte de pichenette. A chaque fois qu’on y jouait, je disais que mon équipe s’appelait Saint-Etienne et mon attaquant Dominique Rocheteau. C’est vous dire si j’étais fan. Et en plus, je gagnais à tous les coups ! Mais revenons-en à mon pensionnat à Nice. Les gamins qui étaient là -bas avec moi venaient d’un peu partout. Mais, comme moi, ils supportaient tous Saint-Etienne. Il faut se remettre dans le contexte. En 1975, rien n’était dilué : on n’avait pas des matches de foot tous les soirs à la télé. Alors quand les Verts jouaient, c’était un évènement. Ces mecs avaient un capital sympathie énorme. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient tous des tronches pas croyables. Rappelez-vous des potes de Rocheteau. Curkovic, Piazza, Janvion, Repellini, Lopez, Bathenay, Larqué ou encore les frères Revelli. Ils avaient tous des gueules extraordinaires. Ce n‘est pas comme aujourd’hui où vous avez parfois la douloureuse impression que tous les joueurs sont des clones.
Et je ne parle même pas de Dominique Rocheteau, avec ses cheveux longs et son look d’enfer. Je me souviens encore d’avoir lu dans un magazine de foot l’un des seuls reportages qu’il ait accepté de faire chez lui. Ce mec était une star et alors que tous ses coéquipiers vivaient dans des super baraques, lui s’était installé dans un chalet en bois dans les montagnes au-dessus de Saint-Etienne. Et pendant que ses potes claquaient leurs salaires en s’achetant des énormes bagnoles et en flambant dans les boites de nuit, il passait son temps libre à jouer de la batterie dans son petit chalet. Ça m’avait vraiment marqué parce que cela dénotait une personnalité hors-norme, complètement à part. J’étais trop jeune pour le réaliser mais quelques années plus tard, j’ai compris que Dominique Rocheteau était le meilleur ambassadeur du sport qui soit. Qu’il incarne le sport de haut niveau en France était d’une logique implacable. D’être représenté par lui était une fierté.
Je dis ça en connaissance de cause car nos chemins se sont croisés quelques années plus tard, grâce à un ami commun, le joueur du PSG Michel N'Gom, qui s’est tué en voiture en 1984, alors qu’ils étaient tous deux avec Dominique les attaquants vedettes du PSG. Quand j’ai connu Dominique Rocheteau, j’ai pu juger par moi-même de sa personnalité hors norme. Par la sa suite, on m’a souvent comparé à lui , à cause de nos goûts culturels ou de notre sens politique. Au niveau caractère, pourtant, nous sommes très différents. Cela n’aura échappé à personne que je suis nettement plus extraverti que lui ! En plus, Dominique Rocheteau est un mec pur, il est droit. Pas comme moi, qui ait déconné de temps à autre ! Lui, il est toujours resté le même. Ce titre lui va si bien, parce qu’en dehors du terrain, lorsqu’il n’y a plus de lumière, il reste toujours le même. Alors, oui, j’ai envie d’être nostalgique. Même si la nostalgie, ça fait du bien !
Peut-être, me direz-vous, que je revois tout cela avec le prisme de mes années de pensionnat. Mais depuis la folle épopée de Rocheteau et des Verts en Coupe d’Europe durant la saison 1975-76, je n’ai jamais rien ressenti de tel pour un club, même en 1993, lorsque Marseille est devenu champion d’Europe. Sur le papier pourtant, Robert Herbin, l’entraîneur des Verts, n’avait peut-être pas la meilleure équipe qui soit. Mais il avait su rassembler sur le terrain des joueurs comme Rocheteau, qui jouaient pour le plaisir, l’éclate et qui avaient une niaque pas possible. C’était le début de quelque chose qui a fait dire à toute une génération de sportifs français derrière eux : « mais mince, nous aussi, nous pouvons être les meilleurs !"
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