7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Vidéo et débats

Dans la dernière édition de France-Football, Platoche réitère son opposition à la vidéo.

"Aujourd'hui, la seule chose qu'il faut changer, c'est l'arbitrage ! J'ai dit, l'arbitrage est mort ! La télévision le montre tous les jours ! Que faire ? C'est facile : augmenter le nombre d'arbitres. Le débat sur la vidéo n'est que franco-français et n'intéresse personne. Ce n'est jamais monté dans les instances de la FIFA, car comment en parler à des gens qui sont dans des stades où il n'y a pas d'électricité ? Comment mettre vingt caméras ? Qui va les payer ? C'est impossible !

Il n'y a pas de discussions au niveau de la FIFA ! Le débat, c'est : augmente-t-on ou pas le nombre d'arbitres ? En ce moment on fait un essai. Si j'ai l'autorisation de l'International Board, j'installe tout de suite cet arbitrage à cinq en Ligue des champions et pour les éliminatoires de l'Euro.

Le rugby a reours à la vidéo pour dire si la balle a ou non passé la ligne. Ça s'arrête et on regarde la vidéo. Au football, la balle peut taper la ligne, repartir avec une contre-attaque. Il faudrait avoir la réponse en instantané, car, si derrière il y a une action et un penalty, qu'est-ce qu'on va voir ? Le but contesté ou le penalty ? Donc, ça ne marche pas. Et ça coût cher. Si vous instaurez la vidéo dans une compétition, il faut que cela s'applique à tous les matches de cette compétition. Tandis qu'un arbitre supplémentaire sera peut-être capable de dire si la balle a franchi la ligne ou pas.

Mais comment installer la vidéo ? Et quand ? Quand un joueur part hors jeu, vous attendez la fin de l'action ? Et si, en vérifiant qu'un but n'a pas été marqué de la main, on constate un tirage de maillot, on accorde un penalty ? Et si l'attaquant a fait faute, on donne un coup franc ?

Limiter la vidéo aux fautes de main et au problème de franchissement de la ligne de but ? Mais on peut gagner 1-0 sur un ballon qui n'était pas sorti en corner et où le corner a été accordé. Vous ne pouvez pas accepter la vidéo pour ça et pas pour le reste. La vidéo, si vous la laissez entrer de ça [il montre la première phalange de ses doigts], vous êtes mort ! Techniquement, la vidéo, c'est impossible. Et, philosophiquement, laissons l'arbitrage humain. On doit protéger le football, et je ne crois pas que l'arrivée de technologies s'apparente encore à du football.

Attendons de voir si l'arbitrage à cinq résout le problème. Pour convaincre l'International Board de tester deux arbitres supplémentaires, c'est déjà la croix et la bannière. Alors des caméras... Il faut oublier ! Pour être populaire en France, je pourrais dire que je suis favorable à la vidéo, mais je n'y crois pas du tout ! La vidéo, c'est la mort du football."