6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Gare aux nerfs, Constantin !

Les nerfs du président Christian Constantin sont mis à rude épreuve lors des matches européens de son FC Sion ! Dans la dernière édition du quotidien valaisan Le Nouvelliste, il revient sur le sulfureux match retour de son équipe à Marseille en 1994. Le patron de Roussey et Féfé en profite pour tacler une ancienne icône verte : Pierre Garonnaire.

"Nous gagnons la première manche 2-0, Tapie me dit: on ne reviendra pas. Un gros climat de suspicion existait sur le match retour. On nous parle de micros dans le vestiaire, de gaz et de nourriture avariée. Nous réservons quatre à cinq hôtels différents pour brouiller les pistes. Nous optons finalement pour un établissement où nous serons seuls avec notre équipe de cuisine. Un ami, Albert Astarnian, dit Banane, qui gère un domaine à Aix-en-Provence me prévient: méfie-toi des voitures mises à disposition, ils y foutent des micros.

Nous achetons l’eau minérale dans un supermarché, les caisses sont métalliques et cadenassées, nous multiplions les précautions. Yves Balet, avocat et membre du comité, avait obtenu du juge la mise sur écoute des téléphones des joueurs. On s’aperçoit que Pierre Garonnaire, un ancien recruteur de Saint-Etienne devenu intermédiaire dans le foot, appelle Roberto Assis une quarantaine de fois et lui promet un contrat en cas de qualification de l’OM.

A l’heure de prendre l’avion, comme par enchantement, le passeport d’Assis est introuvable. Il faut refaire les démarches pour le visa à Genève. L’équipe voyage sans lui, il la rejoint par un vol spécial d’Air- Glaciers. Sur place, deux types montent dans notre car. Ils se présentent comme des gars de la sécurité de l’OM. Je les fous dehors, c’était des supporters venus des quartiers nord.

On me propose deux millions pour acheter le match, je refuse. A minuit la veille du match, trois fourgons de la gendarmerie débarquent à l’hôtel. Le capitaine nous dit: «Il faut évacuer tout le monde, nous avons affaire à une alerte à la bombe.» Je demande d’abord aux policiers qui sont supporters de l’OM de faire demi-tour, ça fait huit de moins.

Je précise que l’hôtel nous est entièrement réservé et qu’il s’agit donc d’un domaine privé qui nécessite un mandat pour y pénétrer. Je propose au capitaine de faire le tour du parc pour voir si un élément suspect s’y trouve. On passe devant le pavillon de Clément Bohnet qui accueille les flics en disant: c’est comme dans les cinq dernières minutes.

Ils ne trouvent rien et repartent. Le lendemain, je rentre sur la pelouse en même temps que Wicky qui avait marqué au match aller. Je lui dis: regarde bien les spectateurs maintenant, ensuite tu seras sur ce rectangle vert où ils ne pourront pas intervenir. Assis ne commence pas le match. Barthez et Casoni se plantent sur un ballon facile, Kunz marque dans le but vide. Assis entre, rate un pénalty, mais on élimine l’OM au but marqué à l’extérieur (1-3)."