6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Ne perdez pas une miette de Galette !

France Football publie aujourd'hui un intéressant entretien de Christophe Galtier. Pour que vous ne perdiez pas une miette de Galette, nous avons retranscrit intégralement l'entretien en le découpant en tranches. Bon appétit !

Le bilan

"Dans tous les cas, tu dois prendre un maximum de recul. Tu n'as pas le droit d'être de bonne ou de mauvaise humeur. Il te faut beaucoup d'humilité dans les moments positifs et beaucoup de lucidité et de caractère quand ça ne va pas. A aucun moment je n'ai eu le sentiment que c'était trop dur et qu'il fallait que j'arrête. Mais je suis automatiquement passé par des moments de doute que j'ai dû garder pour moi. En prenant quatre points sur six contre Lens et Toulouse, on aurait fini la saison à 44 points après avoir basculé à la trêve avec 16 points. Mais je me dis qu'on a quand même tiré le maximum d'un groupe qui a vécu sous pression pendant quatre mois et demi. On ne peut pas être que chaud ou froid avec un joueur. Il faut alterner, en essayant quand même d'être plus souvent chaud que froid. La bonne combinaison, à mon sens, c'est chaud-chaud-froid, chaud-chaud-froid…"


Le style

"Quand t'es adjoint, t'es comme une éponge. Tu absorbes tout ce que te disent les joueurs et tu restitues l'essentiel, le plus important, à l'entraîneur. Je ne crois pas avoir fondamentalement changé depuis que je suis numéro un. Je suis toujours très proche des gars. Je ne saurais pas dire si c'est une qualité ou un défaut mais c'est comme ça. C'est juste que, à un certain moment, quand tu prends une décision, que ce soit pour composer une équipe ou pour prendre une sanction par rapport à un comportement déplacé, comme c'est arrivé pendant le stage au Chambon-sur-Lignon avec N'Daw, je n'ai plus aucun état d'âme car seul doit compter l'intérêt de l'équipe. Garder son autorité, ça oblige à être le plus juste possible."

Les sources d'inspiration

"Je me souviens du conseil que me donnait Roger Propos, l'ancien préparateur physique de l'OM : "Tu dois faire ta propre mayonnaise en prenant le meilleur de ce que tu as reçu de chaque technicien qui t'a dirigé. Alors, je ne peux pas dire si Untel m'a influencé plus que tel autre, mais j'ai vraiment appris de chacun, et j'ai eu la chance d'en connaître beaucoup. Bernard Casoni m'a mis le pied à l'étrier à Marseille. Gérard Gili m'a dit un jour : "Quand tu prends une décision, mesure bien toutes les conséquences qu'elle aura. Abel Braga à l'OM, est arrivé en très peu de temps à obtenir l'adhésion de tout le groupe. Toujours à l'OM, Javier Clemente savait très rapidement cerner les forces et les faiblesses d'un adversaire en visionnant un bout de match. Alain Perrin est d'abord un faiseur de séances d'entraînement. De tous ceux que j'ai accompagnés, c'est aussi celui qui a toujours privilégié la qualité du jeu offensif."


La pression

"L'épée de Damoclès, tu l'as de toute façon dès que tu acceptes ce job. Après, ce qui se passe au club, tu ne peux pas l'occulter, évidemment, mais comme je n'ai aucun pouvoir décisionnaire, j'observe et je laisse les gens parler. Je ne peux faire que ça. Je sais aussi que je serai jugé sur mes résultats. Et qu'il vaut mieux que j'en ai le plus rapidement possible…"


L'intersaison

"Quand je n'étais que second, je travaillais un peu à la mise en place des stages ou à la récolte d'informations sur tel ou tel joueur. Mais ça n'allait pas plus loin. Là, quand t'es le premier responsable, tes vacances tournent à l'obsession. En fait, tu es obsédé par deux choses : la composition de ton effectif et la manière dont tu vas t'y prendre pour mettre en place une philosophie de jeu et insuffler un état d'esprit. Après, il y a les joueurs que tu aimerais conserver, ceux que tu aimerais attirer et d'autres que tu aimerais voir partir pour libérer de la place et alléger la masse salariale. En fait tu ne penses qu'à ça tous les jours.

J'ai eu beaucoup de contacts téléphoniques avec les agents qui proposent des joueurs ou pour prendre conseil auprès de certains collègues entraîneurs et amis. J'ai quand même coupé cinq jours à Saint-Barthélémy (Antilles). L'avantage, là-bas, c'est le décalage horaire. Il y a une période de cinq ou six jours, dans la journée, où le téléphone ne sonne pas."


Le recrutement

"Albin Ebondo devait nous donner sa réponse le jour de la reprise de l'entraînement à l'Etrat. C'est malheureusement le jour qu'ont choisi les supporters pour s'inviter au bord du terrain avec une immense banderole hostile aux dirigeants. L'image a fait le tour des télés, et j'imagine qu'elle a dû peser sur la réflexion du joueur.

Sylvain Marchal est un vrai leader défensif.

Laurent Battles peut jouer milieu défensif, mais je le préfère plus haut, soit dans une position axiale de meneur, soit dans un rôle offensif excentré, où sa qualité de passe et de centre peut être très utile.

L'avantage de Carlos Bocanegra, c'est qu'il peut évidemment prendre la place de Mouhamadou Dabo dans le couloir défensif gauche, mais qu'il peut aussi dépanner dans l'axe, puisque c'est son poste de prédilection, en cas de blessure ou de suspension d'un des titulaires.

On a recruté des joueurs d'expérience, indispensables dans un club soumis à une aussi forte pression populaire que l'ASSE. Maintenant tout va dépendre des départs. Mais si, à l'arrivée, on arrive à garder l'ossature de la saison passée et à alléger le vestiaire, je serai vraiment satisfait. J'ai dit à Loïc Perrin que je voulais le réutiliser au milieu. Il m'a semblé ne pas rester insensible à cet argument."

Le début de saison

"La priorité, c'est réussir le début de saison. D'où l'importance de la préparation, celle d'avoir son effectif au complet le plus vite possible et celle de ne pas subir les blessures d'un ou plusieurs joueurs cadres avant le début du championnat, ce qui n'a malheureusement pas été le cas la saison dernière. Le public est déjà à cran. Il ne nous pardonnerait pas une entame aussi catastrophique que la saison dernière. L'idée, c'est d'encaisser moins de buts. Or défendre, ça commence d'abord devant. Même si les attaquants sont là pour marquer, ils doivent aussi consentir des efforts individuels pour aider l'équipe à bien défendre. Il faut qu'on soit costaud derrière. C'est la base. Si on ne l'est pas, on risque de se planter d'entrée comme il y a un an."