6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Gastal place haut Domingo

Après Robert Herbin, c'est au tour de Philippe Gastal de nous livrer sa réaction après la soudaine disparition de l'ancien capitaine stéphanois René Domingo. Pour l'historien des Verts, "Bill" est l'une des figures les plus marquantes de toute l'histoire du club.

"Le football stéphanois est en deuil. Il était l’une des grandes figures d’un club qui fête ses 80 ans cette année. Il est resté 15 ans au club, 10 ans en tant que capitaine. Sa fidélité à l’ASSE est remarquable. René Domingo a été de tous les premiers trophées : les deux coupes Drago, le premier titre de champion en 1957, la première Coupe de France en 1962… Pour en avoir discuté souvent avec lui, ça reste la plus grande joie de sa carrière. C’était un grand moment pour lui d’avoir reçu la coupe de la part du général de Gaulle. Il faisait partie de cette génération qui avait connu la guerre, il avait de l’admiration pour le Général. Recevoir de ses mains le trophée en tant que capitaine de Saint-Etienne lui a procuré une grande émotion dont il reparlait souvent. Il a aussi gagné le titre de 1963 en D2 et il a remporté un deuxième titre de champion en 1964. Cette saison là a hélas été marquée par la fin de sa carrière car il a eu en janvier 1964 une double fracture à la jambe suite à un tacle du Valenciennois Kocik. C’est ensuite Jacques Foix qui a été nommé capitaine.

Ce que je retiendrai surtout de René Domingo à travers les longues conversations que j’ai pu avoir avec lui, c’est cette simplicité, cette humilité. Il avait été mineur de fond avant de jouer au foot. Il me disait : « quand je suis arrivé à Saint-Etienne, c’était pour moi comme des vacances, c’était incroyable ! » Il n’y croyait pas, il pensait qu’il allait devoir repartir. Il avait une telle humilité… Il ne pensait pas qu’il allait devenir joueur professionnel et faire la carrière qu’il a faite. Sa simplicité était rafraîchissante, ça réconciliait avec certaines valeurs du football. Saint-Etienne, c’était sa passion, il ne fallait pas dire un mot de travers sur Sainté. Il défendait toujours les Stéphanois, c’était son club de cœur et son club pour la vie. A chaque fois qu’on s’appelait, on discutait des derniers résultats des Verts. Il regardait énormément de matches. Il était abonné au satellite et était passionné par le beau football. Il regardait tous les matches des Verts. Il faisait partie des nombreux anciens qui étaient au Stade de France le 20 avril dernier. Une journée magnifique. Il m’avait dit qu’il avait passé une journée fantastique, il était ému de voir les Verts regagner enfin un trophée."