7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Seb, c'est bien vu !

Sébastien Pérez a suivi avec attention le match entre ses deux anciens clubs préférés dimanche soir. L'international de beach-soccer est inquiet pour Sainté...

"Honnêtement, ça va être difficile de s'en sortir. Quand je vois jouer les Verts, je n'ai pas le sentiment qu'ils soient tous impliqués à fond pour sauver le club et qu'ils aient tous conscience de la gravité de la situation. Le manque de réaction des Stéphanois est inquiétant. Les joueurs font souvent des bons débuts de match mais ils ont tendance à lâcher dès qu'un fait de jeu défavorable survient. Tu les sens très vulnérables sur les coups de pied arrêtés. Les Verts prennent souvent des buts bêtes. Ils en ont pris mal dans les dernières minutes. Pour moi c'est révélateur d'un certain manque de caractère. En fin de match, tu dois te surpasser et montrer clairement sur le terrain ton envie de ne pas perdre.

La situation de Sainté est vraiment préoccupante. Je ne me base pas que sur le match contre Marseille, ça n'a rien de déshonorant de perdre contre une équipe très forte à l'extérieur et qui joue le titre. Mais j'ai vu aussi les matches à Grenoble et à Lorient, ça ne m'a pas rassuré... Sur le papier, ils ont une super équipe. Comme ils ont terminé en trombe la saison dernière, je faisais partie de ceux qui les voyaient pas très loin de la Ligue des champions cette année. Ils semblaient avoir une bonne cohésion collective. En fait  ils ne sont pas très loin... de la Ligue 2 ! Les Verts ont de bonnes individualités mais on dirait qu'il n'y a pas d'âme dans cette équipe. Sans vouloir dénigrer Alain Perrin et Christophe Galtier que j'ai bien connus, je suis frappé de voir que les joueurs valenciennois sont à l'image de leur entraîneur. Antoine Kombouaré transmet à ses joueurs sa combativité, sa hargne. Là-bas, tu sens que les mecs ne lâchent rien, ils se battent.

En tout cas, ça me rend malade de voir Saint-Etienne aussi mal en point. Je veux que les Verts s'en sortent, c'est le coeur qui parle. Mais pour ça il faudrait absolument que les joueurs démontrent qu'ils ont la force de réagir. Un mec comme Jérémie a ça en lui, ce serait bien que les autres s'en inspirent. Jérémie, je le connais depuis qu'il est tout gamin. Il n'a jamais rien lâché. On lui a mis des bâtons dans les roues mais il a eu la force de s'imposer. Il a percé, il a persévéré pour faire taire ceux qui n'avaient pas cru en lui. Tu le sens super motivé concerné par l'avenir du club, est-ce le cas de tous ses coéquipiers actuellement ? Je n'en suis pas convaincu. Ceci étant, je ne connais pas les relations entre les joueurs, les rapports qu'ils ont avec l'entraîneur et les présidents. Il faut être à l'intérieur du club pour savoir vraiment ce qu'il en est.

Toujours est-il que Sainté s'en sortira si tous les joueurs sont solidaires et se battent ensemble pour s'en sortir. Dans ma carrière, il m'est arrivé de jouer le maintien et de jouer le titre. Quand tu joues le titre, les individualités peuvent faire la différence. Quand tu joues le maintien, c'est vraiment le collectif et l'état d'esprit qui priment. C'est la volonté farouche et partagée de vouloir t'en sortir qui fait la différence. Dans des situations comme ça, tu dois pas jouer ta carte perso en ayant la tête ailleurs.

Des équipes comme Valenciennes et Sochaux ont moins d'individualités qu'à Sainté mais je les crois mieux armées mentalement pour le maintien. Saint-Etienne a un calendrier loin d'être simple, en tout cas sur les deux ou trois prochains matches. Il ne faudrait pas accuser un trop gros retard avant la réception de Nancy. Mais ça va pas être évident de prendre des points contre Rennes et Lille. On peut essayer de se rassurer en disant que Caen est mal et que Nantes n'a pas le niveau de la L1. Nancy n'est pas au mieux. C'est vraiment serré, j'espère de tout coeur que les Verts vont s'en sortir."