7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Blaquart et la manière

Ancien adjoint de Jacques Santini à l'ASSE, François Blaquart a été confirmé le mois dernier au poste de Directeur Technique National. Dans la dernière édition de Sud-Ouest, il évoque ses projets et ses relations avec le sélectionneur des Bleus. Extraits.

"Je connais bien Laurent, que j'ai entraîné à Saint-Etienne. Je suis en concordance avec lui sur beaucoup de sujets, notamment le jeu, plus offensif, qu'on veut commun à toutes les sélections. La philosophie générale, valable pour tous les domaines d'intervention, c'est : le jeu au centre de l'activité. Il y a eu une époque où on a un peu trop magnifié les joueurs et la technique pure qui étaient les éléments prépondérants de la détection. Aujourd'hui, on est convaincus que la priorité, c'est l'état d'esprit - qui dit jeu, dit collectif -, l'intelligence de jeu, c'est-à-dire la capacité du joueur à résoudre des situations. La technique n'est qu'un outil. La formation des éducateurs est un bon moyen. La structure des compétitions en est un autre. Plus l'esprit de compétition est exacerbé chez les jeunes, plus vous dénaturez le jeu. Il faut supprimer l'enjeu pour privilégier le jeu. Comment voulez-vous qu'un entraîneur, qui ne sera évalué que par rapport à la performance de son équipe, ait une bonne approche ?

Laurent Blanc dit qu'un Iniesta n'aurait pas eu sa chance dans un centre de formation français ? On en discute souvent, je ne suis pas forcément d'accord avec lui. On a aussi des joueurs petits qui ont réussi en France. Pour moi, le plus important, c'est le projet du club, son identité, le continuum d'éducation, de jeu. À Barcelone, les joueurs s'entraînent à 9 ans sur les mêmes projets que les pros. J'aimerais que ça soit le cas partout en France. Nantes l'a fait et a servi de modèle à tous les clubs européens, avant de perdre le fil. La France est le pays qui a le plus de joueurs en Ligue des champions et dans les cinq grandes ligues du continent. Globalement, on est le formateur de l'Europe. Imaginez que les 70 ou 80 joueurs français évoluant à l'étranger, soit l'équivalent de 5 ou 6 équipes, reviennent, on n'aurait pas le même championnat."