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Quand les Bleus constataient à leur désavantage que l'essentiel n'est pas de courir mais de partir à point...


La feuille de match
Mercredi 16 juin 1982 - Coupe du Monde - Stade San Mamés (Bilbao, Espagne)
Premier tour: Angleterre 3-1 France
Spectateurs: 44.172 - Arbitre: M. Garrido

Buteurs: Robson (1e, 67e) et Mariner (83e) pour l'Angleterre, Soler (24e) pour la France 

Angleterre: Shilton - Butcher, Mills, Thompson, Samson (Neal 89e) - Wilkins, Rix, Robson, Coppell - Francis, Mariner. Entraîneur: Ron Greenwood
France: Ettori - Trésor, Battiston, Lopez, Bossis - Girard, Larios (Tigana 74e), Giresse, Platini - Rocheteau (Six 71e), Soler. Entraîneur: Michel Hidalgo



Les faits du match
Alors que les clubs anglais dominent le football européen de l'époque, la sélection nationale participe à sa première phase finale de Coupe du Monde depuis... 1970. Sous la houlette du sélectionneur Ron Greenwood (si, si, Greenwood), les Anglais alignent une belle équipe, avec Peter Shilton, un des meilleurs gardiens britanniques de l'Histoire (pas très difficile certes), le capitaine Mills, les solides demis défensifs Wilkins et Rix, les techniciens Bryan Robson et Trevor Francis, et le feu-follet d'Ipswich, Paul Mariner.

Les Français, eux, possèdent une formation fine et technique, à l'image d'Alain Giresse et Michel Platini. Et les noms de Battiston, Lopez, Larios et Rocheteau évoquent forcément quelque chose de vert.
Les deux équipes sont placées dans le même groupe du premier tour, accompagnées par la Tchécoslovaquie et le Koweït, et en sont les favoris logiques. Mais elles doivent s'affronter dès le premier match, sur la pelouse surchauffée de Bilbao, et sous le sifflet de M. Garrido (si, si, Garrido).



Michel Platini, taclé par Terry Butcher le bien nommé


Sur le coup d'envoi, les Anglais obtiennent une touche dans le camp français. Coppell envoie une longue remise en jeu sur Butcher, qui dévie de la tête au second poteau sur Robson. C'est un grand classique, mais les Bleus n'y ont vu que du feu. Le tableau d'affichage indique alors "0'27" : England 1 - France 0"
Ces Messieurs les Anglais avaient bel et bien tiré les premiers, ce qui dut faire plaisir à Pierre Salviac, mais les Français n'allaient pas tarder à revenir au score, par l'intermédiaire de Gérard Soler (1-1, 24e).



Alain Giresse, impuissant comme tous les Français face à Bryan Robson


En seconde période, l'Angleterre déployait un jeu brillant, et allait s'assurer les deux points de la victoire grâce à un nouveau but de Robson, cette fois de la tête (2-1, 67e), puis un face-à-face remporté par Mariner (3-1, 83e).



Robson crucifie à nouveau Ettori à la 67e minute de jeu


Premier acte en faveur des Anglais dans cette Coupe du Monde. Mais ce sont les Français qui très bientôt allaient entrer dans l'Histoire...



Le Saviez-vous ?
- Cette Coupe du Monde en Espagne est connue pour être l'une des plus belles de l'histoire malgré une organisation étrange: un premier tour de 6 groupes à 4 équipes puis un second tour de 4 groupes à 3 équipes, favorisant les calculs et les matches fermés. Cette formule sera abandonnée dès le Mondial suivant pour des 8e de finales dès la sortie des poules.

- France et Angleterre se qualifieront sans trop de problèmes pour le second tour. La France empochera un point contre la Tchécoslovaquie (1-1) et deux face au Koweït (4-1), tandis que les Anglais réussiront un sans-faute (1-0 face au Koweït, 2-0 face à la Tchécoslovaquie).

- Bizarrement, la France, pourtant 2e de son groupe, bénéficiera d'un second tour plus facile (face à l'Autriche et l'Irlande du Nord) que les Anglais, opposés à l'Allemagne et à l'Espagne, pays organisateur ! L'Angleterre sera éliminée après deux résultats nuls (0-0) tandis que la France se qualifiera aisément grâce à deux victoires.



Michel Platini rend la politesse à Phil Thompson


- Le but marqué par Robson après 27 secondes est alors le 3e but le plus rapide de l'histoire de la Coupe du Monde. Il est aujourd'hui 4e, le record ayant été battu en 2002 (11 secondes).

- Gérard Soler, un nom qui fait encore trembler dans les chaumières stéphanoises. Le buteur français du jour, alors bordelais, mettra un terme à sa carrière de footballeur en 1988 puis deviendra en 1997 président délégué de l'ASSE. Son implication dans l'affaire des faux passeports en 2001 lui vaudra deux ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et un an d'interdiction d'exercer une profession en rapport avec le sport. Le club, lui, mettra 3 ans de L2 à s'en remettre...