La période est faste mais le maintien n'est pas encore tout à fait là. Un petit coup de collier est encore nécessaire pour s'en assurer. Quoi de mieux que de s'y prendre le plus tôt possible contre une équipe luttant elle-même pour son maintien ? C'est-à-dire ce dimanche à Lorient.


1- Le parcours

Les apparences sont trompeuses. On croyait il y a peu Lorient presque tiré d'affaire (bon, en fait, surtout les pessimistes qui voyaient déjà les Merlus devant les Verts), résultat, on les retrouve à 12 matchs du terme de la saison dans la zone rouge, à une peu enviable 19ème place, avec 23 points, soit 7 de retard sur les Verts.

Il faut dire que la victoire contre le Paris SG a été quelque peu un trompe l’œil. Si Lorient va mieux depuis quelques semaines que lors des 18 rencontres précédentes, c'est aussi parce que celles-ci étaient particulièrement mauvaises, avec 13 défaites pour seulement 2 victoires. Pour autant, le mieux a, pour le moment, été de courte durée avec, certes, 5 matchs sans défaite. Mais suivi par 2 nouveaux revers lors des deux dernières sorties des Bretons. Soit 11 points lors des 7 dernières rencontres. Un bon bilan, c'est indéniable. Mais qui n'a pas permis de reprendre des points aux Verts, par exemple.

D'autant que si cette bonne passe a permis de confirmer que les Lorientais sont relativement à l'aise offensivement (14ème attaque cette saison, 11 buts lors des 7 derniers matchs, un seul de ses matchs sans marquer), ils n'ont pas vraiment réussi à corriger leurs difficultés défensives, ne réussissant qu'une seule clean-sheet et encaissant tout de même 12 buts, soit un total dépassé par seulement 3 équipes sur leur 7 dernières rencontres. Pour autant, méfiance, les Merlus ont performé à domicile avec 3 victoires consécutives, 4 si l'on compte celle en Coupe de France contre le PFC. Une série tout juste arrêtéz par le lourd succès lillois le week-end dernier.

 

2- L’effectif

Lorient, c'est aussi la preuve qu'un imposant effectif de joueurs confirmés, même si pas tous en L1, n'est pas nécessairement la solution. Notons le retour à 4 derrière cette semaine après un passage à 5.

Même dans les buts, à Lorient, c'est le règne de la rotation. Après Nardi, titulaire indiscutable en début de saison, c'est Dreyer, près d'une dizaine d'années en tant que doublure en L1, qui a pris sa place dans le cages. Dans l'axe de la défense, système à 3 régulier aidant, ils sont justement 3 à se partager régulièrement le poste, Laporte, le vétéran Morel et la recrue Gravillon, qui a mis du temps pour se faire sa place mais est désormais indiscutable. Cette hiérarchie s'explique aussi par les absences longue durée de Fontaine, coéquipier de Morel en sélection malgache et ancien compère de Laporte à Clermont, et de Saunier, l'ancien Troyen. Mais aussi par le fait qu'ils aient été immédiatement rejoint à l'infirmerie par Ilori arrivé cet hiver du Sporting. Une hécatombe qui a même permis à Mouyokolo de faire ses premiers pas. Sur les côtés, encore du monde, mais moins de blessure longue durée et donc plus de rotation. Ainsi, si le jeune Bissau-guinéen Mendes à droite et l'un des rares encore présents au club à avoir connu la descente avec les Merlus, Le Goff, à gauche, ont un temps d'avance, ils sont régulièrement suppléés par Delaplace, l'ancien milieu lillois reconverti, pour le premier, par Morel pour le second et par Hergault, qui fait ses débuts en L1 à 35 ans, après des débuts pros à 28 ans, pour les deux. Enfin, le (pas si) jeune Etienne (23 ans) a pu faire ses débuts sur le côté gauche de la défense.

Au milieu aussi, il y a du monde. Et la concurrence est féroce. Si Abergel est presque indiscutable, Lemoine a plus de mal à enchaîner et nombreux sont ceux qui se disputent le dernier strapontin potentiel entre Monconduit, débauché d'Amiens, Chalobah, jeune joueur prêté par Chelsea, Le Fée, jeune joueur du cru et même, beaucoup plus rarement, Boisgard, l'ancien Pitchoun qui n'a jamais réellement réussi à percer à Toulouse, capable de jouer tant dans l'axe que sur un côté. En revanche, Marveaux, autre rescapé de la descente en L2, n'est plus que très rarement aligné d'entrée et doit se contenter de rares bouts de matchs. Idem pour Wajda qui après des débuts prometteurs entre 2017 et 2019, enchaîne une deuxième saison sans quasiment jouer.

Devant, l'indiscutable, c'est Wissa qui prend majoritairement le côté gauche, tandis qu'à droite, Laurienté avait tendance à de plus en plus enchaîner. Leur principale doublure, c'est avant tout Boisgard, capable, en plus de l'axe, de prendre les deux côtés. Mais Le Fée a récemment été pas mal utilisé pour mettre en concurrence Laurienté sur le côté droit, dans le 3-4-3 de Christophe Pélissier. Un rôle qu'a moins occupé Diarra, trop souvent blessé. Enfin, alors que les côtés sont donc peut-être le poste le moins pourvu de l'effectif lorientais, la pointe est, elle aussi, bouchée. Et après des débuts délicats, c'est Moffi qui prend le dessus sur la concurrence, obligeant Hamel et Grbic à se disputer le statut de doublure, malgré un transfert à 9M€ pour le second l'été dernier.

 

La compo probable : Les absents sont relativement nombreux mais, chose plus notable encore, dans le même secteur avec 6 défenseurs dont 5 centraux (Morel, Fontaine, Ilori, Saunier, Mouyokolo + Delaplace). Seul Diarra manque au milieu et en attaque :

Dreyer – Mendes, Gravillon, Laporte, Le Goff – Abergel, Chalobah, Lemoine – Laurienté, Moffi, Wissa

 

3– Souviens-toi la dernière fois

C'était un des matchs qui avaient servi à l'enflammade de début de saison qui nous voyait faire une grosse saison. Il faut dire que c'était un bon match bien maîtrisé, pris par le bon bout sur une magnifique action rapide bien menée par Nordin et superbement conclue par Hamouma. Puis, on retrouvait le même duo en début de seconde période pour finir de valider ce match sans accroc et le gagner tranquillement 2-0, en ne concédant notamment qu'une seule frappe cadrée sur les 6 tentatives lorientaises.

Pour la dernière au Moustoir, par contre, c'est moins réjouissant, bien que ça date de 2016. Plombés par une expulsion précoce de Moulin, les Verts avaient plutôt bien tenu et Maisonnial sorti un bon match (même si les poteaux avaient aussi été d'une certaine aide) mais le but de Philippoteaux peu avant la pause suffisait. La fin de match était frustrante puisque Pajot marquait... mais dans la foulée du break de Cabot.

 

4- Les joueurs à suivre

L'auteur de ces lignes avait été fan de la charnière Laporte-Fontaine, et particulièrement du second, lorsqu'ils officiaient à Clermont et auraient mérité la montée dans une superbe équipe où Honorat n'était que remplaçant. Mais le second, justement ne sera pas là. Pas une raison pour ne pas mettre (un peu) en avant le premier.

Bien sur, pas question de ne pas se rappeler au bon souvenir de Papy Lemoine, de son fighting spirit tellement plus agréable lorsqu'il joue pour soi que pour l'adversaire. Mais aussi pour voir que le surnom de Papy est de plus approprié et que le voir jouer tout le temps sur le dos du porteur de balle l'est parfois un peu moins.

Mais surtout, difficile de passer à côté de la paire offensive qui fait la différence. S'il est clairement moins décisif que sa saison dernière, le puissant, vif et technique Wissa fait tout de même sa saison pour une (réelle) première (il avait joué 2 matchs de L1 avec Angers en 2016-17) après une saison en tant que 3ème buteur de L2, puisqu'il est le 2ème buteur lorientais avec 6 buts, auxquels il faut ajouter 2 passes décisives. Mais forcément, celui qui tape dans l'oeil, c'est Moffi. S'il n'est que deux unités plus haut avec 8 buts, c'est la tendance qui change la perception puisque le Nigérian explose après un début de saison discret. Discret d'abord du fait d'une arrivée tardive dans l'effectif, puis, après un premier match avec un but et une passe décisive, lors de la 7èe journée, 9 matchs sans être décisif, dont 4 où il était renvoyé sur le banc. Mais depuis, c'est 7 buts en 10 matchs, plus 1 passe décisive et un statut désormais assumé de n°1 au poste d'avant-centre, éclipsant le transfert le plus onéreux de l'histoire du club Adrian Grbic. L'un et l'autre était d'ailleurs sur les tablettes des Verts, l'un semblait plus judicieux que l'autre, espérons ne pas regretter Moffi ce dimanche.