Il y a eu du changement chez les Verts cette saison, non seulement dans l'effectif, dans le staff, mais aussi sur l'approche tactique suivie et l'utilisation de certains joueurs...


L'intersaison stéphanoise a été mouvementée, avec de nombreuses recrues qui ont rejoint le club. Des options d'achat levées, des joueurs signés pour l'équipe première ou pour la post-formation aux postes où le besoin était clairement identifié, tous les joueurs convoités ont été conservés. Avec en plus des cellules de performance et de recrutement renforcées, tous les voyants étaient au Vert pour atteindre l'objectif déclaré, remonter en Ligue 1...
 

La (nouvelle) lune de miel avec Horneland

La direction sportive avait fait le choix de continuer avec Eirik Horneland, il a continué avec son approche tactique portée sur l'offensive. Un système à 4 défenseurs, 3 milieux et 3 offensifs, mais qui défend dans un 4-4-2 losange...
 
 
... avec les ailiers en charge du pressing sur la défense centrale et les milieux relayeurs qui couvrent les couloirs à leur place. Quant aux joueurs utilisés, même s'ils ont tous signé avec l'ASSE avant le début de la saison, ils n'ont pas tous été disponibles. En défense, il n'y a eu quasiment aucun moment de la saison où les quatre recrues de l'été (Ferreira, Bernauer, Lamba, Annan) ont été présentes en même temps. Au milieu, Ekwah n'est jamais arrivé et une rotation naturelle a été mise en place autour du duo Tardieu-Jaber. En attaque, Stassin a démarré la préparation tard et en boudant, heureusement que Joshua Duffus et Boakye ont dépanné en avant-centre.
 
Bref, le staff n'a quasiment jamais pu aligner le même 11, mais malgré cela, les bons résultats ont été là. Par contre, la faille du système utilisé, déjà identifiée par plein d'équipes de Ligue 1 la saison précédente, a  commencé à être bien exploitée par les adversaires des Verts. Et comme en plus les joueurs avaient l'air de plus en plus fatigués (le départ du préparateur physique David Tivey fin septembre peut être plus qu'une coïncidence), ce qui devait arriver, arriva. Si la défaite à domicile contre Guingamp (la première de la saison, lors de la 8e journée) peut être vue comme un accident de route et expliquée par le manque de rotation dans une semaine à 3 matchs, le château de cartes s'est effondré après la trêve internationale de mi-octobre.
 

Les errements tactiques sous Horneland

Le staff stéphanois a d'abord persisté avec son pseudo-bloc en 4-4-2 losange, pour deux défaites contre Le Mans et à Annecy :
 
 
Et comme il fallait changer quelque chose, après une 3e défaite en 4 matchs sur la pelouse du Red Star, le choix a été fait de maintenir le 4-3-3, mais défendre dans un bloc standard, avec les ailiers en charge des couloirs :
 
 
Ça a marché à Troyes, leader du championnat, et à la fin du mois de novembre les Verts étaient sur un rythme de quasiment 2 points par match. Par contre, le nouveau système n'offrait pas plus de garanties défensives, tout en enlevant de la fraîcheur aux offensifs et à partir de décembre les blessures et la méforme de certains joueurs ont commencé à plomber les résultats. Faute de latéraux gauches, Old a été repositionné à ce poste dès la sortie sur blessure d'Annan à Dunkerque, et il ne l'a plus quitté jusqu'à la fin de la saison (20 titularisations consécutives).
 
Un nouveau latéral a fait aussi son apparition à droite, à Clermont, pour le deuxième match en 2026 - Pedro s'est installé à ce poste qu'il n'a quasiment plus quitté de la saison. Cette victoire à Clermont - la dernière de Horneland - a aussi marqué une évolution tactique, car à la pause Moueffek a été remonté d'un cran, en soutien de l'avant-centre. Comme le déclarait son entraîneur, qui a reconduit ce 4-2-3-1 / 4-4-2 une semaine plus tard, à Reims :
 
 

La lune de miel avec Montanier

Après une piteuse défaite contre Boulogne - sa 7e en 21 matchs de Ligue 2, Horneland est parti et Philippe Montanier est arrivé. Il a gardé le système 4-3-3 utilisé par son prédécesseur...
 
 
... tout en bénéficiant de l'apport de Le Cardinal en défense et de Kanté en sentinelle. Sa grande révolution tactique a été de repositionner Boakye en milieu relayeur, à côté d'un Miladinovic sorti du placard, et bien sûr de mettre d'abord l'accent sur le bloc défensif, pas sur l'attaque. Pour le reste, les mêmes latéraux et le même trio d'attaque alignés presque sans faille.
 

Les errements tactiques sous Montanier

Comme ses protégés ont été bien muselés à Grenoble, le nouvel entraîneur stéphanois a décidé d'innover tactiquement. Pour son 7e match, il a aligné un système en 3-4-3...
 
 
... en sacrifiant le 3e milieu (Miladinovic/Moueffek, car le duo Kanté - Boakye était indéboulonnable) pour rajouter un 3e défenseur central. Ça a bien fonctionné contre le bloc haut d'Annecy, mais ça n'a pas du tout fonctionné contre le bloc bas de Nancy, quand à la pause les Verts sont repassés dans un 4-2-3-1...
 
 
... avec Moueffek en pointe haute au milieu, pas Boakye, qui pourtant a le profil. Comme déjà dit plus haut, Moueffek avait déjà été aligné en "10" cette saison, par le précédent entraîneur, mais à l'époque Boakye dépannait à l'aile, car Cardona n'avait plus la confiance de Horneland.
 
Sous Montanier, le 4-2-3-1 a été le système de la fin de saison, à une exception près. Depuis donc la mi-temps à Nancy (nul arraché dans les arrêts de jeu), pour la victoire contre Dunkerque (facilitée par les relances courtes adverses) et ensuite les défaites à Bastia et contre Troyes qui ont coûté la seconde place et la montée directe. A chaque fois, Boakye était aligné en milieu relayeur et Moueffek en soutien de Stassin :
 
 
Après un changement tactique en mode "au cas où" et un 3-5-2 proposé à Rodez - 3e défaite consécutive dans le sprint final - les protégés de Philippe Montanier ont dû passer par les play-offs et les barrages pour une dernière chance de remonter en Ligue 1. Et pour ces matchs, le staff stéphanois a de nouveau aligné le 4-2-3-1...
 
 
... sauf que maintenant Gadegbeku a fait son apparition dans le 11, à côté de Kanté. La défaite contre Troyes a été la dernière titularisation de Moueffek - lors du play-off contre Rodez c'est Davitashvili qui a été aligné en "10" car Boakye était suspendu, mais dès son retour il a naturellement retrouvé ce poste :
 
 
La défaite à Rodez a été la dernière titularisation de Nadé, car enfin Le Cardinal et Bernauer étaient aptes tous les deux en même temps. Des choix forts dans l'axe de la défense et au milieu, mais pas en attaque, où le trio Davitashvili - Stassin - Cardona n'a pas été remis en question...
 
 
La tactique et le système spécifique de Horneland, qui avait coûté un nombre incalculable de buts encaissés en Ligue 1 une saison plus tôt, n'a pas fonctionné sur la durée en Ligue 2 non plus. L'entraîneur norvégien a essayé de changer tactiquement, mais il n'a pas réussi, les joueurs n'y croyaient plus. A son arrivée, Montanier a pu s'appuyer sur des recrues et un répositionnement de Boakye, mais quand il a du changer tactiquement, ça n'a pas été une réussite, rendant l'attaque de plus en plus stérile. Et à la fin, les Verts ont raté leur objectif et repasseront encore une saison en Ligue 2...