Entre Poteaux, c’est un format qui est à la fois un hommage et le descendant spirituel du légendaire Mastres & Compagnie ! Retrouvez à chaque épisode un membre de notre communauté qui partage ses anecdotes et son histoire au travers d’un entretien intimiste. Pour ce douzième épisode, nous recevons PtitLu, amateur de métal symphonique, de catch et de fantasy, mais surtout supporter des Verts depuis son enfance. Bonne lecture !


Poteaux-Carrés : Salut PtitLu ! Pour commencer, qui est la personne qui se cache derrière ce pseudo ?

PtitLu : Salut ! Je suis PtitLu, Jérémy de mon vrai prénom. J’ai 32 ans et je vis en Haute-Loire. Mes parents sont de vrais Stéphanois, chacun étant né à St Etienne. Mon père a carrément grandi et vécu dans les quartiers populaires de Sainté. Mon grand-père, que je n’ai malheureusement pas connu, était mineur.

Je suis né à Toulouse, mon père étant assureur, cela impliquait de devoir bouger professionnellement. On a vécu également en région parisienne par la suite, avant de s’installer durablement en Haute-Loire quand j’avais 7-8 ans.

Mes parents ressentaient le besoin de se rapprocher de la famille. Le football a peut-être un peu compté dans leur décision, mais ce n’était pas la raison principale.

Poteaux-Carrés : Malgré la distance, ton père t’emmenait déjà voir les Verts ?

PtitLu : Oui, nous revenions très régulièrement dans la région pour revoir la famille. Du coup, mon premier match dans le Chaudron c’est fait pendant un de nos retour. Je devais avoir cinq ou six ans.

Je ne me souviens plus du tout de la rencontre. Eventuellement le score, 2-2 il me semble et encore… Je crois même que je me suis endormi parce que le match n’était vraiment pas bon (rires) ! Ce n’était peut-être pas la meilleure entrée en matière possible, mais la passion est quand même venue.

Poteaux-Carrés : Tu as vécu à Toulouse et en région parisienne. La place du football y était-elle comparable à celle qu’il occupe chez nous ?

PtitLu : J’étais trop petit lorsque nous habitions à Toulouse pour en avoir beaucoup de souvenirs… Nous y sommes retournés plus tard et mes parents ont toujours adoré cette ville. Pour moi, c’est un peu une deuxième ville d’adoption. Mais à Toulouse, le sport qui domine vraiment, c’est le rugby. Le TFC possède évidemment ses supporters et un petit attachement populaire, mais cela n’a rien à voir avec la place du Stade Toulousain.

En région parisienne, les gens aimaient le foot mais supportaient des clubs très différents. En tout cas à cette époque. Mon voisin était par exemple fan de l’OM. Je me souviens encore de mon père allant frapper à sa porte après la victoire 5-1 des Verts pour lui demander s’il passait une bonne soirée ! (rires)

Il n’existait pas ce sentiment d’appartenance collective que l’on retrouve à Saint-Étienne. Pour comprendre l’importance que peut prendre un club, il faut vivre dans une véritable ville de football. Ailleurs, on peut aimer ce sport très fort, mais l’impact sur toute une région est moins visible.

Poteaux-Carrés : Pendant tes études, tu as eu l’occasion de travailler pour l’ASSE. Peux-tu nous en dire plus ?

PtitLu : J’ai fait des études de Multimédia à l’IUT du Puy. Première petite anecdote : Chaque étudiant de première année est accompagné par ce qu’on appelle un « parrain », qui te prend sous son aile. Pour déterminer qui sera ton parrain, tu dois choisir un objet le tout premier jour, choisi par ton parrain au préalable. Je n’ai pas vraiment hésité au moment de choisir le fanion des Magic Fans (sourire).
Et il se trouve que mon parrain n’était nul autre que Thomas Granger, un des actuels responsables de la communication de l’ASSE. On s’est perdu de vu depuis, mais j’ai un bon souvenir de cette première année. Et puis il faut dire que mon parrain me payait des coups à boire (rires).

Sinon en effet lors de mon année de licence, j’ai bossé pour l’ASSE. J’étais en alternance à TNT, qui était la boîte qui s’occupait de la régie publicitaire du club. Toujours sympa de pouvoir bosser pour son club de cœur. Très succinctement, je mettais en page les journaux distribués avant les matchs. J’ai fait les panneaux publicitaires qui défilaient en bord terrain. Entre autres choses.

Je n’ai pas forcément gardé un bon souvenir de mon expérience TNT pour plusieurs raisons, mais les différents clients qu’on avait et surtout de pouvoir travailler avec nos Verts, ça c’était très cool !

Poteaux-Carrés : En dehors des Verts, tu es notamment passionné de métal symphonique. Comment as-tu découvert cet univers ?

PtitLu : Cela s’est fait un peu par hasard lorsque j’étais adolescent. Dans ma famille, nous avons toujours plus ou moins écouté du rock. Mon père aime notamment beaucoup le hard rock et mon frère a lui aussi hérité de ce goût.

De mon côté, en écoutant un peu de tout, je suis tombé sur des morceaux qui sortaient vraiment de l’ordinaire. C’était un métal très grandiloquent, avec des dimensions symphoniques et épiques. Quand tu découvres ça à quatorze ou quinze ans, tu le prends en pleine tête et tu te demandes : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? » J’ai immédiatement attrapé le virus ! (rires)

Le premier groupe que j’ai découvert était Nightwish. Il me semble que la première que j’ai entendue d’eux c’est « Wish I Had an Angel ». De fil en aiguille, j’ai écouté d’autres titres du groupe, puis exploré les artistes du même label et différents courants du metal.

Le metal est une famille extrêmement large. Le metal symphonique que j’écoute n’a par exemple presque rien à voir avec le death ou le black metal. Cette première découverte m’a aussi conduit vers le heavy metal, le power metal ou encore le metal progressif, entre autres.

Poteaux-Carrés : Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans le metal symphonique ?

PtitLu : J’aime ce côté épique et le travail de composition. Les versions acoustiques permettent d’ailleurs de mesurer encore davantage le travail réalisé derrière chaque titre. J’avais vu Sonata Arctica lors d’un concert acoustique organisé dans une toute petite salle du Centre culturel œcuménique de Villeurbanne. Il y avait Eleine en première partie. Voir deux groupes de metal jouer en acoustique dans un lieu lié à l’origine au monde religieux, c’était assez improbable ! Mais le concert était magnifique et très intimiste. (sourires) 

Poteaux-Carrés : Tu as beaucoup fréquenté les salles de concert ?

PtitLu : J’ai commencé vers l’âge de dix-sept ans. Pendant un temps, j’assistais en moyenne à cinq ou six concerts par an, parfois davantage, notamment avant le Covid. J’avais même envisagé de publier des comptes rendus de concerts sur le thread musique, pour partager ça avec les potonautes. J’avais établi tout un calendrier des groupes que je voulais aller voir, puis le Covid est arrivé et absolument tout a été annulé…

Pour l’anecdote, j’avais pris une assurance pour l’un de ces concerts parce que je n’étais pas certain de pouvoir m’y rendre. Lorsque l’événement a été annulé à cause du Covid, l’assurance m’a d’abord répondu que cela ne fonctionnait pas puisque la maladie n’existait pas encore au moment où j’avais souscrit (rires) ! J’ai tout de même fini par obtenir un remboursement, mais la situation était assez lunaire…

Depuis, je continue à voir des concerts, même si le travail et la vie font que j’en fréquente un peu moins.

Poteaux-Carrés : Quels groupes conseillerais-tu à quelqu’un souhaitant découvrir le genre ?

PtitLu : Nightwish, sans hésiter. Ce sont les représentants les plus connus du metal symphonique et probablement les plus accessibles. Le groupe a connu trois chanteuses, correspondant à des périodes assez différentes. Tarja Turunen avait une voix très lyrique, proche de l’opéra.

Anette Olzon possédait une voix beaucoup plus pop et les deux albums enregistrés avec elle constituent sans doute la meilleure porte d’entrée. Floor Jansen, la chanteuse actuelle, est capable de naviguer entre les deux registres. C’est une super chanteuse, même si elle n’est pas arrivée dans la meilleure période du groupe selon moi. J’aime un petit peu moins les compositions des derniers albums, même si ça reste assez bon.

Je conseillerais également Within Temptation, dont la chanteuse possède une voix très accessible. Pour aller plus loin, on peut écouter Sonata Arctica, qui propose quelque chose de plus rapide, notamment à leurs débuts. Ou Epica, qui mélange le chant féminin avec une voix gutturale.

Nightwish reste quand même dans une autre dimension en matière de popularité. Parmi les groupes que j’ai vus dans le registre symphonique, c’est le seul pour lequel j’ai dû faire une queue immense avant le concert. (rires)

Poteaux-Carrés : Une scène metal symphonique existe-t-elle localement, dans la Loire et la Haute Loire ?

PtitLu : Pas vraiment, en tout cas pas à ma connaissance. C’est un genre très européen et particulièrement présent en Scandinavie. Nightwish et Sonata Arctica viennent par exemple de Finlande.

Il existe également une scène importante aux Pays-Bas, avec Epica ou Within Temptation, ainsi qu’en Allemagne. En France, les groupes de metal symphonique sont beaucoup plus rares et il faut vraiment chercher pour en trouver. Dans notre région, je n’en connais pas de particulièrement installé.

L’avantage, c’est que les groupes européens viennent assez régulièrement en France et jouent souvent dans plusieurs villes. Il n’est pas toujours nécessaire d’aller jusqu’à Paris : beaucoup passent notamment par Lyon.

Poteaux-Carrés : Parlons à présent d’un autre univers qui t’a passionné pendant plusieurs années : le catch…

PtitLu : Comme beaucoup de gens de ma génération, je l’ai découvert sur NT1 autour de 2008 ou 2009. Le catch était alors vraiment partout. J’ai même pu assister à quelques shows locaux lorsque j’étais adolescent.

J’ai d’abord suivi l’effet de mode, puis ma passion s’est un peu dissipée. Vers 2016, avec un ami, nous avons voulu revoir certaines images et retrouver les noms qui nous avaient marqués. Nous avons rapidement replongé dedans et nous nous sommes mis à suivre le catch de manière beaucoup plus assidue.

Nous avons rejoint une communauté de fans sur Internet, ce qui nous a permis de découvrir d’autres fédérations que la WWE. Nous regardions notamment NXT à l’époque de sa période noire et or, qui reste pour moi son âge d’or. Du catch japonais également, on l’a découvert à ce moment-là.

Surtout, on a découvert qu’il existait une scène française. Elle est assez concentrée dans le nord de la France, en Bretagne et en région parisienne…

Poteaux-Carrés : Cette passion t’a donc fait bouger et a même donné naissance à un projet communautaire…

PtitLu : Oui ! Comme nous habitions loin de tout cela, il fallait beaucoup se déplacer, et nous avons donc créé Catch Covoit, une communauté principalement sur Facebook, afin d’organiser des déplacements entre fans de catchs. J’avais réalisé le logo et toute l’identité visuelle, avec un van portant un masque de catch. Les couleurs bleu, blanc et rouge permettaient de montrer que le projet était français. (rires)

L’idée était simple : mettre en relation des fans souhaitant se rendre à des spectacles parfois très éloignés. Nous étions nous-mêmes un peu perdus géographiquement et le covoiturage nous avait permis d’aller voir des shows à l’autre bout de la France. Nous nous sommes dit que nous ne devions pas être les seuls dans cette situation…

Le projet a plutôt bien fonctionné à son échelle, même si le catch reste une passion de niche en France. Le Covid lui a ensuite fait beaucoup de mal. Aujourd’hui, la page est toujours entretenue par Céline, avec qui nous avions créé le groupe. Je la salue et la remercie, car elle s’en occupe désormais seule.

Cette aventure m’a aussi permis de rencontrer des gens devenus connus dans le milieu, notamment Sturry, qui a depuis énormément grandi sur YouTube et Twitch.

Poteaux-Carrés : Le succès des shows organisés récemment en France montre qu’il existe un public, mais d’un autre côté, le catch Français semble avoir du mal à décoller…

PtitLu : Effectivement… Les événements de la WWE ou d’autres grandes compagnies, organisés à Lyon et Paris ont attiré énormément de monde. Le public existe clairement.

En revanche, la scène française a pris beaucoup de retard par rapport à l’Allemagne ou au Royaume-Uni. Elle a manqué d’investissements, mais aussi de personnes capables de porter une véritable vision à long terme. Plusieurs comportements problématiques et certaines histoires internes ont également divisé une partie d’une communauté qui n’était déjà pas immense.

C’est frustrant parce que le talent existe. Aigle Blanc en est le meilleur exemple. C’est un excellent catcheur et, de ce que j’en connais, quelqu’un de très bien. Il a beaucoup apporté au catch français avant de tenter sa chance aux États-Unis, où il évolue désormais à la WWE !

Poteaux-Carrés : Que faudrait-il pour permettre au catch français de franchir un cap ?

PtitLu : Il faudrait qu’une fédération devienne une véritable locomotive nationale, avec des idées, de l’ambition, des moyens et des dirigeants capables de fédérer tout le monde. L’APC pourrait remplir ce rôle, peut-être, ils disposent d’une salle et de contacts avec des catcheurs passés par la WWE. Il faut maintenant que cela se développe dans un environnement sain.

En Allemagne, la wXw a réussi à construire quelque chose de vraiment fort. La scène britannique bénéficie aussi de talents incroyables et d’un lien plus naturel avec les États-Unis, notamment grâce à la langue. La France ne possède pas ces avantages, mais elle peut combler une partie de son retard si elle valorise correctement ses talents.

Il faut aussi dépasser le cliché qui accompagne encore les fans de catch en France. Mais ce n’est pas la seule explication : nous avons surtout manqué de personnes capables de transformer le potentiel existant en projet solide.

Poteaux-Carrés : Tu es également passionné par Le Seigneur des anneaux, Kaamelott et, plus largement, la fantasy. D’où cela vient-il ?

PtitLu : Il faut remonter à mon enfance. Lorsque j’avais 6-7 ans, mon père m’a laissé jouer à Warcraft III ! C’est par ce jeu que j’ai découvert l’heroic fantasy. À l’époque, son style très coloré et presque cartoon m’attirait beaucoup. Il y avait différentes races, des pouvoirs et tout un univers à découvrir. Avec le recul, certaines missions étaient quand même assez violentes pour un enfant de six ans (rires). On te demandait notamment de purger une ville entière et tu accomplissais tranquillement la quête sans trop te poser de questions…

Puis Le Seigneur des Anneaux est arrivé au cinéma. Lorsque mes parents m’ont proposé d’aller voir le premier film, je ne voulais pas les accompagner. Je préférais probablement rester jouer à Warcraft sur l’ordinateur (rires) ! Ils m’ont forcé à venir et ils ont eu raison : c’est aujourd’hui ma trilogie préférée.

Poteaux-Carrés : Et Kaamelott ?

PtitLu : Cela m’est venu plus tard. Lorsque la série a commencé, j’étais sans doute trop jeune pour comprendre toutes les références et apprécier son écriture.

Je l’ai redécouverte étant jeune adulte, j’ai trouvé les dialogues étaient très bien écrits et vraiment drôles pour la plupart. Ma photo de Kadoc en signature montre que j’ai depuis développé un certain attachement à la série ! (rires)

La fantasy fait désormais partie de ma vie au sens large. J’ai une grande collection de bandes dessinées, je possède presque tous les Lanfeust. Cela va aussi de pair avec ma passion pour les jeux vidéo. Ce sont des univers qui permettent de rêver et de s’évader.

Poteaux-Carrés : Revenons à présent aux Verts si tu le veux bien. La Haute-Loire est-elle toujours une terre stéphanoise ?

PtitLu : Oui, franchement. Elle n’est évidemment pas exclusivement verte : on trouve aussi des supporters de Lyon ou de Marseille. D’autres clubs, mais plus rarement. L’OM ça me dérange modérément, moins que l’OL (rires). On va dire qu’on s’entend sur notre désamour des lyonnais.
Mais l’ASSE y reste très présente, en particulier lorsque l’on se rapproche de Saint-Étienne, du côté d’Yssingeaux, Monistrol…

Je le constate au travail, où j’accompagne notamment de nouveaux salariés : il y a encore beaucoup de supporters des Verts dans le 43. Lorsque je rentre d’un match, juste avant d’arriver chez moi je passe devant une maison où l’on voit une voiture avec un fanion de l’ASSE garé devant. Après une victoire, son propriétaire allume des lumières vertes sous sa fenêtre, impossible à rater. Je profite de l’interview pour lui faire une dédicace, j’adore voir ses néons en rentrant, c’est synonyme de victoire ! (rires)

Poteaux-Carrés : Quel regard portes-tu sur l’équipe qui a débuté cette saison ?

PtitLu : L’équipe est très bonne je trouve. Au-delà des victoires et du nombre de buts marqués, je trouve que la qualité de jeu est vraiment intéressante.

Je reste tout de même prudent, car nous avions déjà montré de belles choses en début de saison dernière sous Horneland. Nous marquions beaucoup avant que la suite ne se passe nettement moins bien.

Cette fois, l’équipe me semble mieux structurée et plus équilibrée. J’aime beaucoup les idées de Cathro, notamment son 4-2-4 très offensif. Sur le papier, ce système pourrait sembler déséquilibré, mais il fonctionne plutôt bien et nous pousse dans la bonne direction.

Les deux derniers déplacements se sont moins bien déroulés [entretien réalisé juste après la défaite à Dunkerque et le nul à Metz, ndp2], mais je veux croire qu’il ne s’agit que de petits couacs. J’espère surtout que la machine ne va pas s’enrayer à cause des blessures ou d’un manque de solutions de l’entraîneur. Dans l’ensemble, j’aime beaucoup ce début de saison et je reste optimiste pour la suite.

Poteaux-Carrés : Ton pronostic pour le classement final ?

PtitLu : Je vais être franchement optimiste : je pense que nous pouvons gagner le championnat de Ligue 2. Je pensais déjà la même chose la saison dernière et nous n’avons finalement même pas réussi à monter, donc j’espère ne pas nous porter la poisse (rires) ! Mais nous avons le matériel pour y arriver. Il faudra un peu de réussite et éviter une accumulation de blessures.

Je vois Sainté terminer premier, devant Metz qui fera son traditionnel ascenseur, et Reims troisième. Nantes a pris trop de retard pour espérer quoi que ce soit.

Poteaux-Carrés : Quel bilan tires-tu de la stratégie de KSV depuis son arrivée ?

PtitLu : Mon avis reste prudent, mais plutôt positif pour l’avenir.

Sur le plan sportif, les deux premières saisons sont des échecs, il faut le dire... Le premier objectif était de se maintenir en Ligue 1, puis de remonter immédiatement avec des moyens largement supérieurs à ceux de la plupart de nos concurrents. Aucun de ces deux objectifs n’a été atteint. Je reste donc forcément sur ma faim.

Tout n’a pas été bien fait et certains choix n’étaient pas les bons. Mais on voit aussi que de l’argent est investi dans les structures et qu’il existe une véritable volonté de faire grandir le club.

Quand je vois ce qui est arrivé à Bordeaux, à Nantes, ou les inquiétudes qui peuvent entourer certains projets de reprise ailleurs, je me dis que Saint-Étienne a peut-être une vraie chance avec KSV. Ce serait injuste de leur reprocher de ne rien faire : ils essayent réellement de transformer le club, même si cela n’a pas encore produit les résultats espérés.

S’ils conservent cette volonté, ces idées et cette capacité d’investissement, je pense que ça finira par payer. Nous ne resterons pas éternellement dans cette situation.

Poteaux-Carrés : L’ASSE laisse rarement les gens indifférents. Tu en as fait l’expérience assez jeune…

PtitLu : Oui, malheureusement, j’ai une anecdote qui l’illustre ! Lorsque j’avais onze ans, nous étions en vacances en Bretagne avec ma famille, et je portais une casquette de l’ASSE.

Deux adultes qui accompagnaient un groupe d’enfants sont sortis de leur bus pour venir m’insulter et ma famille. Un Nantais, et un Marseillais, d’après leurs maillots. Ils se sont excités pendant plusieurs minutes contre un gamin simplement parce qu’il portait une casquette verte…

Ce n’était évidemment pas très malin, encore moins de la part d’adultes chargés d’encadrer des enfants. Mais cela montre aussi que l’ASSE provoque toujours quelque chose, même loin de Saint-Étienne.

Poteaux-Carrés : C’est fou… Tu as heureusement connu une illustration plus sympathique en Allemagne…

PtitLu : Oui. J’étais en Bavière avec un ami et la personne qui nous hébergeait supportait le Bayern Munich. C’était un ancien militaire qui avait été affecté en France et parlait bien français.

Lorsque nous lui avons expliqué que nous étions supporters de Saint-Étienne, il a immédiatement repensé à la finale de 1976. Il nous a même dit : « Nous avons eu de la chance lors de cette finale ! »

Il n’avait probablement pas suivi l’ASSE depuis des années, et son souvenir était vague, mais le nom du club a aussitôt réveillé ce souvenir. C’est quand même assez fort de constater que cette finale reste présente dans la mémoire d’un supporter bavarois un demi-siècle plus tard. (sourires)

Cela montre que notre club possède toujours un certain retentissement, en France comme à l’étranger. Maintenant, nous aimerions évidemment que l’on reparle de l’ASSE pour autre chose que ses souvenirs. J’ai bon espoir que cela revienne, même s’il faudra peut-être encore un peu de temps !

Poteaux-Carrés : Merci d’avoir pris le temps ! Quel est ton mot de la fin ?

PtitLu : Désolé si je suis cucul, mais en ces temps troublés, il est important de rester solidaires en tant que supporters stéphanois. Au moins dans la communauté P². Notre forum est quand même particulier, il y a une certaine érudition chez tous les potos. Chacun a des connaissances très poussées sur un ou plusieurs sujets, pas forcément lié aux Verts ou au football. Même en étant totalement néophyte, c’est toujours intéressant à lire, comme pour le thread météo par exemple, que je lis sans y participer.
Notre forum va bien plus loin que l’ASSE. C’est un espace précieux pour un supporter stéphanois qui veut élever le débat ! C’est important de le préserver.

 

Questions en vrac

Poteaux-Carrés : Ton Joueur préféré de l’histoire de l’ASSE ?

PtitLu : Feindouno. Première idole de jeunesse. Pas le plus régulier, mais dans un bon soir c’était un joueur super à regarder !

Poteaux-Carrés : Ton joueur préféré de l’équipe actuelle ?

PtitLu : Jakob Breum, il est récent mais quand il prend le ballon, il en met plein les yeux. Je me demande ce qu’il fait en L2 ! Top classe !

Poteaux-Carrés : Entraineur préféré de tous les temps ?

PtitLu : Galette me vient à l’esprit spontanément. On ne s’est pas toujours régalé avec ses équipes, mais il a eu beaucoup de bons résultats et on a regagné des derbies. Il nous a redonné de la fierté et pour un supporter comme moi qui ne suit le club que depuis les années 2000, c’est la meilleure période que j’ai vécu pour l’instant.

Poteaux-Carrés : Ton maillot préféré de l’histoire de l’ASSE ?

PtitLu : Celui de la remontée de 2004-05. J’adorais ce vert là, il est vrai un peu plus clair que le vrai vert ASSE. Mais il claquait bien !

Poteaux-Carrés : Tribune préférée de Geoffroy ?

PtitLu : Le Chaudron est une entité entière à mes yeux, bien que les Kops soient le poumon du stade. Je choisirai le Kop Nord, toutes les émotions sont décuplées là-bas. Mais les loges sont sympas aussi ! (rires)

Poteaux-Carrés : Ton but préféré de l’histoire des Verts ?

PtitLu : Landrin contre Valenciennes, un but Playstation (rires). Et c’est en plus sur un centre de Feindouno ! La cerise sur le gâteau d’un très bon match, on était 3eme à la fin de la soirée, un super souvenir.

Poteaux-Carrés : Match préféré de l’histoire de Sainté ?

PtitLu : Le derby gagné 3-0 ! C’était incroyable, j’ai eu des frissons de plaisir… On n’avait pas gagné de Derby depuis quasi 20 ans à domicile. Lyon marchait fort avant ce match, nous un peu moins. Je ne m’attendais pas à gagner déjà. Et à gagner de cette manière surtout. Et on fait un super match, avec une victoire ultra méritée contre LE rival.

Poteaux-Carrés : Ton jeu vidéo préféré ?

PtitLu : Ca pourra être Clair Osbcur, mais je ne l’ai pas encore fini donc trop tôt pour le citer. Je vote donc pour The Witcher III, avec sa version remastered qui sort bientôt, et qui reste mon numéro 1. Ses quêtes secondaires sont dingues !

Poteaux-Carrés : Ton film préféré ?

PtitLu : La saga du Seigneur des Anneaux dans l’ensemble, et le Retour du Roi s’il faut en choisir un seul !

Poteaux-Carrés : Groupe ou chanteur préféré ?

PtitLu : Chanteur, c’est Chris Cornell (paix à son âme), ancien chanteur de Soundgarden, puis Audioslave, avec les membres de Rage Against The Machine. Il avait une voix incroyable, avec beaucoup de profondeur.

Et en groupe, je citerais Epica, qui m’a marqué en tant qu’ado. C’est ceux que j’ai le plus vu en concert, quatre fois de mémoire.

Poteaux-Carrés : Ton Potonaute préféré ?

PtitLu : C’est difficile de n’en choisir qu’un, donc comme mes prédécesseurs, je vais tricher (rires) ! NomDeStade est celui avec qui je discute le plus, c’est toujours cool de parler avec lui. J’aime beaucoup thesnakke aussi, qu’on voit malheureusement moins ces derniers temps. J’ai pas mal échangé avec sam42 en MP, notamment sur notre passion commune pour le métal symphonique. Je ne peux pas citer tout le monde malheureusement, mais j’apprécie tous les habitués du forum, ils se reconnaîtront. Ça fait plusieurs années qu’on débat et qu’on discute, on finit même par se connaître assez bien pour la plupart, même sans s’être vu en vrai (sourires).

Merci à PtitLu pour sa bonne humeur et sa disponibilité !