Les Verts auraient dû être les premiers

· aloisio
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Dans une vidéo exhumée hier par le twittos William B-S et retranscrite par le site girondins33, Aimé Jacquet et Michel Platini reviennent pour Canal Plus sur la demi-finale de C1 de 1985 entre la Juve et les Girondins.

Aimé Jacquet : "Au match aller, notre 'gorille', qui tenait la porte, a vu arriver Michel Platini, qui jouait alors avec nos Bordelais en équipe de France mais était quand même le maître. Alors, automatiquement, il lui a ouvert la porte. Et là, vous voyez Michel Platini rentrant dans le vestiaire, avec son ironie légendaire, lançant plein de phrases qui nous ont je dirais complètement déstabilisés. Lui, il était rayonnant, sûr et tranquille, mais nous nous étions un peu contractés - et c'était normal -devant sa formation. Donc je pense qu'au départ, il nous a battus là. Pourquoi, pendant le match, Platini était libre de tout marquage ? Là, j'avoue avec le recul avoir fait un mauvais jugement. Mais, c'est délicat pour moi, et j'y pense souvent, et je ne trouve pas non plus de faute... Pour la simple raison qu'il n'y avait pas que Platini dans cette équipe, qui avait tant de bons joueurs qu'on devait tous les marquer.

Au retour, je m'en rappelle. Ce jour-là, j'ai vu un stade en folie ! C'est la première fois que, enfin, je retrouvais mes sensations stéphanoises... Car le stade Geoffroy Guichard était toujours plein et dynamique. Et là, pour la première fois, on a trouvé un stade de folie à Bordeaux. Et ça a été la folie, aussi, sur le terrain. Alors, même si Michel Platini dit toujours : 'Vous nous avez fait peur, mais nous étions maîtres' ; je ne suis pas tout à fait sûr. Et je me souviens très bien que quand Patrick Battiston a marqué son fameux but je peux vous garantir qu'il y avait là une panique générale de la part de la Juventus. On entendait les joueurs crier, et ça c'est quand même déterminant, de voir la peur qui s'était installée dans cette formation. Jean Tigana a, ensuite, eu la balle de 3-0. Malheureusement, il a tapé sur le gardien de but... (...) Dans les Coupes d'Europe, malheureusement, je pense qu'il restera gravé quelque chose d'inachevé. On n'a pas achevé notre oeuvre, malheureusement."

 

Michel Platini : "Pour Bordeaux, c'était fort. Je crois qu'Aimé Jacquet a raison quand il dit : 'On n'a pas achevé notre oeuvre'. L'équipe de Bordeaux de cette époque elle était, je pense, très très belle. Bon, en 85, contre la Juve, ça se joue à des détails, et notamment au match retour, mais l'année d'après, en Coupe des Coupes, contre Leipzig (élimination aux tirs au but ; NDLR), ils doivent se qualifier en finale et gagner une Coupe d'Europe. Saint-Étienne en 76, puis Bordeaux dans les années 80, auraient dû être les premiers. Finalement, c'est Marseille en 93 qui sera le premier club français à remporter une Coupe d'Europe."

 

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