Mouss costaud

01/12/2016
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Moustapha Bayal Sall, qui a fêté aujourd'hui ses 31 ans, a eu droit en guise de cadeau à un sympathique papier paru sur le site de So Foot. L'ancien défenseur des Verts y raconte quelques savoureuses anecdotes. Extraits.

 

"Quand je jouais à l’US Gorée en juniors, je prenais tout le temps le bateau, alors que les autres utilisaient des moyens de transport classiques. C’est comme ça qu’ils ont tous commencé à me surnommer "loupecha", chaloupe en verlan. Quand j’ai des amis sénégalais au téléphone, ils continuent à m’appeler comme ça. Je suis né costaud. Les gens pensaient que je faisais de la musculation, mais non, pas de pompes, rien du tout, juste des abdos. Sur l’île, des gamins m’appelaient même "yuruba", le nom des gardes bien costauds au Nigéria.

 

Quand j'étais jeune, lors les tournois de quartier, je frappais les coups francs en force, pas en finesse. Au Sénégal, ils me demandaient pourquoi je n’en tirais pas en arrivant en Europe. Ils ne savent pas que tu en as déjà marqué du rond central !" me disaient-ils. Mais je ne suis pas là pour marquer, juste pour faire mon job. J’aimais la course, le combat, les duels, tout le temps tacler, tacler... Comme il y avait toujours beaucoup de sable, on essayait techniquement de bien contrôler la balle pour éviter de se mettre en difficulté.

 

Mon premier entraînement à Sainté, c’était sur le terrain Aimé Jacquet, et je taclais tout le monde. Je m’en souviens bien, après un circuit pour travailler la technique et l’endurance, on avait fait un toro, et j’étais dans l’équipe de Julien Sablé. J’ai commencé trois jours, et l’entraîneur Ivan Hasek a voulu me prolonger d’une semaine. Je m’entraînais avec les pros, il a vu que j’étais là et que je ne lâchais rien. Si je n’avais pas le ballon, j’agressais tout le monde. Même l’entraîneur, je l’ai agressé. Voilà, après il a sauté ! (rires)

 

Parfois, j’achète cent maillots de France et je les ramène à Gorée. Fredo, l'intendant de l'ASSE, peut te le dire. C’est 80 euros le maillot. J’ai payé jusqu’à 10 000 euros de maillots en rentrant avec le maximum de valises autorisées en soute. Je donne beaucoup, car je sais d’où je viens. Pendant l’été, on organise aussi des tournois. Je sais qu’un autre petit sortira un jour de Gorée et deviendra professionnel. Et à son tour, il fera pareil. Il achètera des maillots, des chaussures, en se rappelant d’où il vient."

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