
Guillou revient sur ses vertes années (2)
12/11/2019

Dans un long et intéressant entretien à écouter dans son intégralité sur Dessous de Verts, Patrick Guillou revient sur ses vertes années. Extraits.
"La saison 1999-2000, j’ai moins joué que les saisons précédentes. Rétrospectivement, on pourrait dire que j’étais un joueur de D2 et que j’aurais dû partir. Mais j’avais tellement envie de connaître la Ligue 1 avec Saint-Etienne, ce qui a été le cas les trois premiers matches… Quand ils recrutent Bjorn Kvarme, sachant qu’il y a déjà Lionel Potillon et Romarin Billong… Je n’avais pas forcément le talent des autres.
Avec le recul, je pense que j’ai tiré le maximum de ma carrière. Jouer au foot au très haut niveau, ça demande autre chose que du cœur et de l’engagement. Cela demande aussi une culture tactique, cela demande d’avoir de l’intelligence dans le placement. Quand tu vis l’histoire en temps réel, t’as un sentiment d’injustice. Tu te dis que tu as contribué à la remontée et tu ne comprends pas pourquoi tu ne joues pas. Tu te renfermes, tu es peut-être colérique. Mais je pense que j’ai tiré la quintessence de mes moyens footballistiques.
J’ai participé à ce fameux 5-4 remporté contre Montpellier. C’était un match d’anthologie, on s’en rappellera toujours. Par rapport à tous les énormes matches qu’il y a eu à Saint-Etienne, ça reste un flash. Mais le fait d’avoir pris part à ce match et à cette aventure-là… Il n’y a pas tout à jeter dans ma troisième année à Saint-Etienne. J’ai gardé encore des potes. On a passé des bons voire des très bons moments. Mais c’est sûr qu’un joueur de foot n’a de valeur que quand il joue. Après, même quand tu ne joues pas, il y a une dynamique à créer dans le vestiaire. Quand t’es plus ancien, tu restes vigilant à être le garant de certaines valeurs dans un vestiaire. J’ai apporté ma modeste contribution.
Alex est certainement le meilleur joueur que j’ai côtoyé à Saint-Etienne. Il fallait le prendre comme un artiste, avec ses forces et ses faiblesses. Ce n’était pas quelqu’un qui était forcément très assidu aux entrainements. C’était quelqu’un de très particulier mais il te décantait un match quand il le voulait et quand il était mis dans de bonnes dispositions. C’était un joueur « fuoriclasse » comme on dit en Italie. Il avait la capacité de faire la différence à lui tout seul. Après, je n’ai pas eu la chance de jouer avec lui, mais le plus beau footballeur après Moravcik qu’on ait eu à Saint-Etienne, c’est Pascal Feindouno, incontestablement.
Après être allé à Sochaux, je suis retourné à l’ASSE en août 2001. Entre-temps le club était descendu, il y avait encore forcément les stigmates de l’affaire des faux passeports. C’est dur de repartir en Ligue 2, quand d’entrée en plus il n’y a pas les résultats, tu te dis «purée, ça va être à nouveau une saison de reconstruction, une saison galère. » J’avais envie de participer à cette aventure de reconstruction. Mais je suis parti en 2003 à Rouen, juste avant ce qui aurait pu être ma quatrième montée en Ligue 1.
J’ai été con. J’ai été con dans mon comportement. Avec le recul, je reconnais que j’ai un vrai problème avec l’autorité. J’avais en face un entraîneur qui était plus que très autoritaire. Je n’ai jamais eu de problèmes avec les Alain Michel, Jean Fernandez, Pierre Repellini, Michel Le Milinaire. J’ai plutôt eu des problèmes relationnels avec Victoz Zvunka et Frédéric Antonetti. Dans mon comportement j’ai été con, provocateur, jusqu’au-boutiste.
Le fait de ne pas avoir fait de centre de formation, d’avoir fait des études universitaires même quand j’étais joueur de foot, le fait d’avoir ma liberté de parole, ma liberté de ton… Certaines choses qui m’avaient été dites n’avaient pas forcément été respectées. Après je me suis braqué. Je m’en suis expliqué des années après avec Frédéric Antonetti. On se rencontrait dans les mêmes hôtels à Paris lors de matches ou de préparation d’émissions. Un matin il m’a tendu la main. Il m’a invité à prendre le petit déjeuner avec lui. J’ai fait amende honorable. On a eu une explication d’hommes, à la Antonetti et à la Guillou. Ce n’est que du foot. Il a compris aussi pourquoi j’avais eu certaines réactions."
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