Le retard n'empêche pas le bonheur

· aloisio
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Travailleur, ambitieux et philosophe, Habib Maïga s'est confié à 20 Minutes. Extraits.

 

"Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Je pense que c’est le cas avec ma grave blessure aux cervicales surevenue en août 2015 avec la réserve : ça m’a rendu plus fort mentalement et ça m’a appris à être patient. Tout d’un coup, je me suis senti moins jeune. J’’ai vite été rassuré par le club qui m’a annoncé que mon contrat serait prolongé d’un an. Je n’avais qu’une chose en tête : revenir plus fort.

 

La voie est tracée mais tout ne sera pas rose. A moi de toujours bosser, de toujours vouloir plus, d’avoir envie de la perfection. Il y a encore plein de trucs que je dois gommer dans mon jeu. Je regarde mon match soit le soir même, soit le lendemain. Je sais exactement ce qui a marché ou pas en regardant mes matchs. C’est comme ça que j’arrive à corriger mes erreurs.

 

N’Golo Kanté et Casemiro. Je l’aime bien lui, « le tank ». Il est solide, propre et avec une bonne lecture du jeu. Plus jeune, je suivais pas mal de joueurs comme Lassana Diarra, Michael Essien ou Frank Lampard. Mais même si ce n’est pas le même poste, Samuel Eto'o m’a beaucoup inspiré. Il a montré qu’on pouvait partir de zéro et arriver au sommet.

 

Je n’avais en principe quasiment aucune chance d’y arriver. Je partais à l’école et j’allais jouer au foot après, au centre de formation de Gagnoa, un petit coin à trois heures d’Abidjan. Je n’avais même pas de chaussures de foot. Ce sont mes amis qui m’en prêtaient. En 2013, j'ai remporté la CAN U17 au Maroc. Il y a alors eu plusieurs pistes pour moi et j’ai préféré rejoindre Saint-Etienne l’année suivante.

 

Le Lyonnais Maxwel Cornet a mon âge et il vient de vivre ses premières capes avec la Côte d’Ivoire ? Je n’ai pas de contact avec le sélectionneur Marc Wilmots. Le plus important, c’est d’être performant en club. C’est un rêve de jouer en équipe nationale mais le retard n’empêche pas le bonheur. Là, je suis peut-être en retard mais j’avance tout doucement.

 

Je n'estime pas avoir changé de dimension après notre match à Paris. C’est un match dans lequel j’ai beaucoup appris mais j’en vivrai plein d’autres. Rien n’a changé pour moi dans le vestiaire après cette rencontre. Le coach est comme moi, il ne parle pas trop. Tout se passe sur le terrain avec lui et je fais le maximum aux entraînements pour avoir une place.

 

Il y a plein de bons jeunes au centre de formation qui pourraient vite débarquer en L1. Kenny Rocha-Santos, Rayan Souici, Mickaël Nade ou Lamine Ghezali. Ils ont vu avec moi que tout était possible, vu d’où je venais. C’est à eux de bosser et ils seront récompensés."

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