Anfield, des frissons (3)

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Le conservateur du musée de l'ASSE et deux illustres anciens Verts reviennent dans la dernière édition de France Football sur le mythique quart de finale retour de Coupe d'Europe des Clubs champions qui avait opposé les Reds aux Verts le 16 mars 1977.

Philippe Gastal : "Au musée de Liverpool, une section est dédiée à ce match. Pour ses supporters, c’est le deuxième plus grand match de leur histoire et la plus belle ambiance jamais ressentie. Un match fondateur avec ce Kop de vingt-cinq mille personnes qui fait référence à l’histoire militaire de l’Angleterre. C’est l’un des plus grands matches de tous les temps de Saint-Étienne et cela reste ma plus grande déception depuis quarante-huit ans. On ne méritait pas d’être éliminés sur le but du 3-1 inscrit par le supersub David Fairclough. Certains joueurs avaient loupé leur match contre le Bayern, pas contre Liverpool."

Jean-Michel Larqué : "J’ai toujours en tête une terrible réflexion de Franz Beckenbauer, dont c’était la troisième victoire en C1 : il disait qu’il n’en avait pas un grand souvenir ! Il avait battu Saint-Étienne à Glasgow, mais n’avait pas imprimé. Cette distanciation n’existe pas chez les Anglais. À Liverpool, aujourd’hui, et Dieu sait s’ils ont connu des matches mythiques, cette rencontre face à Saint-Étienne reste un grand événement alors que ça n’était qu’un quart de finale de Coupe d'Europe de clubs champions. Moi, j’ai joué contre le Bayern en 1969 dans un petit stade qui n’avait rien de comparable, le Grünwalder Stadion, qu’on pouvait gaver jusqu’à 50 000 spectateurs. Il était champêtre. Après lui, l’Olympiastadion n’était pas un vrai stade de foot. Quand tu y arrivais,tu étais dans un parc, tandis qu’à Liverpool, tu étais en ville, ça faisait déjà une sacrée différence ! Et puis, il y avait une telle ferveur des supporters anglais alors que les Allemands étaient un peu plus mécaniques."

Hervé Revelli : "Ce qui était impressionnant, c’était le Kop, les gens au bord du terrain. Nous, les remplaçants, on avait la tête qui dépassait juste pour les voir. Ils encourageaient sans bouger ! Je n’avais jamais vu ça. Le stade était mythique. Il y avait du respect, et c’est une leçon à retenir. Ça, c’était les impressions du bord du terrain; dessus, c’était autre chose. Par rapport à l’équipe, aux noms, le Bayern, c’était beaucoup plus impressionnant. Mais l’image que Liverpool a donnée est pour moi indélébile."
 
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