
Vincent, un Manceau loin d'être sot
14/02/2018

Surnommé "le gestionnaire" au sein du Mans FC (solide leader du groupe D de National 2), l'ancien attaquant Stephen Vincent (31 ans) évoque ses vertes années et sa reconversion dans la dernière édition du Maine Libre. Extraits.
"C'est à treize ans que j'ai débarqué au centre de formation de l'ASSE avec mon frère Sylvain. On a laissé derrière nous nos parents et notre petite soeur, restés à Neuilly-sur-Marne. On ne rentrait pas souvent, une à deux fois par an seulement. Mes parents venaient nous voir mais c'est quand même spécial. Heureusement que mon grand frère était là. Je ne sais pas si j'aurais tenu sinon. Je pense à mon fils Noah, qui a neuf ans. Je serais bien incapable de le laisser partir dans quatre ans loin de nous.
Je me souviens bien, mes parents avaient dit OK, par contre, tu dois aussi assurer à l'école autrement retour à la maison. J'ai décroché mon bac STT et mon premier contrat pro à 18 ans. Dans mes études, j'ai écouté, respecté les consignes, comme sur le terrain. Heureusement d'ailleurs car on n'a pas toujours la carrière qu'on souhaite, on n'est jamais à l'abri d'une blessure, d'un accident.
Une fois mon contrat pro en poche à Saint-Etienne, j'ai profité. Belles voitures, fringues, j'étais jeune quoi. Jusqu'au moment où tu te dis que tout peut s'arrêter très vite. Le fait d'être père aussi te remet les idées en place. Pour moi, ça a été un vrai déclic. Tu deviens responsable et là, ça ne rigole plus. Une rencontre avec le gestionnaire de patrimoine de l'UNFP m'a aidé. Des rencontres comme celle-ci, cela devrait être nécessaire pour les jeunes. J'ai préparé mon avenir, épargné, pensé à ma famille, à l'après-foot.
A 28 ans, quand j'étais à Boulogne-sur-Mer, j'ai repris mes études. J'ai commencé dans l'immobilier. J'ai décroché mon BTS et puis je me suis rendu compte que ce n'était pas fait pour moi. Vendre seulement ne m'intéressait pas. Moi j'aime conseiller, gérer. En observant l'ancien attaquant lyonnais Frédéric Fouret, que j'ai connu à Cannes et qui est devenu conseiller de gestion de patrimoine auprès de sportifs de haut niveau, j'ai compris que c'est ce que je voulais faire. Surtout avec les jeunes joueurs. Cela va tellement vite et moi j'ai mon vécu qui me permet de les comprendre.
L'année dernière, après la montée du Mans FC en National 2, j'ai décroché mon Master en gestion de patrimoine. Une double réussite pour moi. Maintenant, avec mon diplome en poche, je suis totalement focalisé sur la fin de ma carrière. Je veux terminer du mieux possible, ici, au Mans. La stabilité, je l'ai trouvée. Ma femme se plaît, mes enfants aussi. On habite à Mulsanne, Noah joue à l'ASMT... et côté sportif, pour le moment, tout se passe bien. Pourquoi ne pas retrouver le professionnalisme avec Le Mans avant que je ne raccroche ?"
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