Bafé is gone (2)

· aloisio
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La Pravda de demain revient sur départ de Bafé Gomis chez les vilains. Extraits.

"La route fut longue, ce 29 juillet 2009, malgré la petite soixantaine de kilomètres entre Saint-Étienne et Lyon et, sur le parcours, Bafétimbi Gomis a eu le temps de prendre conscience que, d'un département à l'autre, il allait changer de monde, aussi. Exactement ce qu'il souhaitait depuis son échange avec le directeur sportif des Verts, Damien Comolli, quelques semaines plus tôt : « Un jour, Claude Puel m'appelle et me dit que Lyon est intéressé. Mais c'était inenvisageable de le vendre à l'OL. Sauf si "Bafé" en exprimait le souhait. Je lui avais alors parlé de l'approche lyonnaise, il m'avait dit : "O.K., je veux y aller." À l'époque, tous les joueurs voulaient aller à Lyon mais je voulais l'entendre de sa bouche. Cela a changé la dynamique. »

Jean-Michel Aulas ne l'a pas payé au rabais, il a juste tenté de s'aligner sur son salaire, démesuré chez les Verts, obtenu lors de sa prolongation jusqu'en 2012, avant sa participation à l'Euro 2008 avec l'équipe de France. On parle alors de 300 000 € brut mensuels, et l'OL ne lui en proposera que 295 000 €. "Il faut remettre les choses dans le contexte, insiste Comolli. Saint-Étienne rencontrait de gros problèmes financiers, avec une masse salariale qu'on ne pouvait pas supporter. On venait de terminer 17es alors que le club avait budgété une 4e-5e place irréalisable. On avait perdu beaucoup d'argent et Bafé avait un énorme salaire que Caïazzo lui avait donné, un truc ingérable. On était dos au mur."

Mais avec une idée derrière la tête, quand même : réaliser une belle opération pour un jeune international (alors 4 sélections, 2 buts), avec un long contrat, sachant qu'à l'époque Lyon, club phare du Championnat de France, ne mégotait pas au moment des transactions. "J'ai dit à Claude : "On en veut quinze (millions d'euros)", poursuit l'ancien directeur sportif. On n'était pas en position de force, Lyon le savait. On y était allés un peu au bluff car on connaissait la surface financière de l'OL, qui s'était finalement aligné (13 M€ + 2 de bonus). Avec le recul, oui, c'était beaucoup d'argent mais dans mon souvenir, ce n'était pas un transfert difficile parce qu'avec Claude, un ami, on ne s'est pas écharpés."

 

Crédit photo : Philippe Merle - AFP

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