Selnaes mauvais perdant mais clairvoyant

14/04/2017
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Le trimestriel norvégien Josimar a publié dans son dernier numéro une interview d'Ole Selnaes réalisée au lendemain de la défaite des Verts contre Nice. Extraits.

 

"J'essaie d'être un patron sur le terrain. J'ai toujours voulu l'être. Je fais ce qui me vient à l'esprit naturellement, et pour moi il est naturel de prendre le jeu à mon compte sur le terrain. Quand tu lis bien le jeu et que tu enchaînes les bonnes prestations, tu inspires le respect dans le groupe. C'est comme ça que ça fonctionne dans un vestiaire.

 

Ce qui m'arrive est incroyablement cool. C'est absolument fantastique de pouvoir s'imposer rapidement dans cette équipe de Saint-Étienne. Je n'aurais jamais imaginé il y a un an, que je passerais directement de la Tippeligaen à un rôle important dans un bon championnat. Je sais que ne serais jamais allé si loin sans mon tempérament de mauvais perdant. Gagner, c'est ce qui me motive.

 

J'ai commencé le foot très tôt. Quand j'avais à peine plus de cinq ans, je jouais avec mon grand frère Erik contre des garçons de dix ans. Cela m'a permis de développer très jeune une qualité que j'ai conservée depuis cette époque : la clairvoyance avant de recevoir le ballon. Perception, action. C'est l'un de mes atouts, ça caractérise mon style de jeu.

 

J'ai cette faculté à analyser le positionnement de mes coéquipiers et de mes adversaires. La chose la plus importante pour moi, c'est de savoir à l'avance ce qu'il faut faire dans le prochain mouvement, mais il faut aussi être capable de changer d'avis très rapidement. Par exemple si sur un centre en retrait j'envisage de tirer en une touche mais que je m'aperçois qu'il y a un milieu de terrain qui ferme la trajectoire, je dois changer rapidement. Ce que je ressens est l'une de mes grandes forces.

 

J'ai rejoint le centre de formation de Rosenborg à 14 ans et j'y ai signé mon premier contrat pro avant d'avoir 18 ans. C'était impossible d'imaginer une vie sans football. Je me demande ce que j'aurais fait. Je n'y ai jamais pensé. Mes professeurs ont dit qu'il était possible de ne pas vivre du football, mais je ne les écoutais pas. Mes copains ont commencé à picoler à l'âge de 15 ans et à sortir tous les week-ends. La première fois que j'ai bu l'alcool, j'avais plus de 18 ans. Je n'ai jamais été bourré.

 

C'est très significatif pour moi d'être bien aimé par les supporters. Quand je suis dans un club, je fais tout ce que je peux pour rendre les fans heureux. J'aime quand les supporters de nos adversaires me haïssent. Je trouve ça cool. Je prends ça comme un compliment. Je l'avoue, j'aime bien les provoquer. C'est amusant de les allumer un peu. Les réactions trop formatées, ce n'est pas ma tasse de thé.

 

Même si on doit éviter de dire à un arbitre qu'il est mauvais, je trouve que ma suspension internationale est injuste. Je suis désolé de ne pas pouvoir aider l'équipe de Norvège. Je vis très bien les critiques dont j'ai fait l'objet après cet épisode. Je me fous de ce que pensent de moi les gens que je ne connais pas. Ce qui est important moi, c'est que pense les gens qui m'entourent.

 

Certains journalistes norvégiens ont cherché la merde et importuné ma famille pour faire le buzz. C'est inacceptable et ça m'a mis en colère. J'ai une meilleure réputation en France, ça ne fait  aucun doute ! Ils considèrent mon agressivité comme un avantage, comprennent que je suis un leader et que j'ai une mentalité de gagnant.

 

Le pressing est beaucoup plus agressif en Ligue 1 que dans le championnat norvégien. En France on est beaucoup plus focalisé sur la récupération du ballon. En Norvège, on devait seulement être en bien place, respecter le cadre, être présent dans sa zone. Ici, vous jouez pour gagner la balle presque à chaque fois. La récupération du ballon est plus offensive. En Norvège, on ne me demandait presque jamais d’aller gagner le ballon.

 

Toute ma vie j'ai rêvé de jouer en Premier League. Ce n'est pas quelque chose qui me traverse l'esprit maintenant. Je pense que je ne pouvais pas être dans un meilleur endroit que dans celui où je suis actuellement. J'espère bien progresser les cinq prochaines années et être en mesure de rejoindre le championnat anglais. Je serais très heureux de rejoindre un club du Top Ten de la Premier League."

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