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Wauquiez refait surface

23/02/2014
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Ancien ministre des affaires européennes puis de l'enseignement supérieur et de la recherche, le maire du Puy Laurent Wauquiez (38 ans) parle des Verts dans la dernière édition du magazine Surface. Extraits.

 

"Quand j’ai été élu maire du Puy-en-Velay en mars 2008, j’ai compris surtout qu’ici, il existait une vraie culture foot qui était la fierté de tout un territoire. Contrairement à la région lyonnaise, considérée plus huppée, Le Forez est un bassin très modeste dans lequel les gens ne sont pas forcément riches, mais où le football fédère tout le monde. Donc, ma culture foot à moi, ce n’est pas uniquement la posture du politique classique, qu’il soit de droite ou gauche, et qui regarde un match en bouffant du pop-corn dans son canapé. J’aime aller au stade Geoffroy Guichard, parce que c’est là où ça se passe.

 

J'aime ce stade, et je m'y sens bien. C'est un monument de l'histoire du football français : il a ce côté à la fois grand et intime. On n'est pas perdu dedans, il a conservé ce lien entre spectateurs. Dans les tribunes de Geoffroy-Guichard, il y a des gens qui gagnent à peine le SMIC qui se retrouvent à côté des PDG de la région. Ici, on oublie les rivalités de classe, car quand on est dans le Chaudron, on soutient la même équipe avec la même écharpe. Hormis à Lens peut-être, il y a peu d'endroits en France où l'on peut vivre ce que signifie la culture foot au sens le plus populaire du terme.

 

Les ultras stéphanois, souvent jugés comme des supporters à risques, n'ont pas une très bonne réputation dans les stades de L1 ? C'est malheureux, mais c'est le fait d'une minorité qui se distingue par ses excès de violence. Ces gens-là n'ont rien à faire dans un stade de foot ! En règle générale, le football à Geoffroy-Guichard est surtout une belle fête populaire, l'un des derniers lieux de la République où le très riche et l'ouvrier vont communier ensemble, tous couverts de la même casquette verte.

 

Comparativement à la saison dernière, on voit bien qu'il y a sur le terrain un collectif qui se cherche un peu. On a eu les pépins physiques de Brandao au début de l'automne qui ne nous ont pas aidés, et on a manifestement un problème au milieu de terrain avec Cohade et Lemoine, qui souvent peinent à conserver le ballon. C'est une place stratégique, ce milieu de terrain, pas de planqués à ce poste-là ! Il faut monter et descendre sans cesse. Le milieu de terrain, c'est la base de contrôle incontournable, l'incarnation de ce que le football moderne est devenu aujourd'hui. En plus, on a un petit souci d'apports offensifs sur les couloirs avec Mollo qui est parfois un peu brouillon, contrairement à Hamouma et Tabanou que je trouve plus percutants. Bref, la machine stéphanoise fonctionne, mais il faut encore régler le carburateur pour que ça marche à plein régime. Pour cela, je fais entièrement confiance à Christophe Galtier.

 

Christophe est un grand monsieur. Il a une belle allure, une belle gueule, je le verrais bien jouer le rôle d'un bon flic dans un film ! (rires) Chez les entraîneurs français, il y a de grandes figures qui ont beaucoup de caractère, comme Deschamps, Puel ou Antonetti. Lui fait partie de ceux-là ! Quand vous l'observez sur le banc de touche, c'est exceptionnel, il vit le match à 100% avec les tripes. Et croyez-moi, quand il passe une branlée à ses joueurs pendant la mi-temps, personne ne bronche ! Ce que j'aime chez lui, c'est que dans toutes les circonstances, que ce soit après une victoire ou une défaite, il n'a jamais la parole de trop. J'aime sa façon de coacher l'ASSE, sa méthode colle bien à la région. 

 

Christophe est certainement l'un des meilleurs entraîneurs qu'a connu le club. Avec l'ASSE, il s'est révélé comme l'un des meilleurs techniciens du football français actuel. Avec son discours, il a su réveiller l'équipe et lui transmettre ce message : "Les gars, on est une très bonne équipe, mais il faut arrêter de se regarder les yeux dans le rétroviseur avec le maillot Manufrance dans toutes les têtes. Maintenant on se réveille, on va de l'avant et on ramène des coupes à la maison !" Avant qu'il soit le coach de l'ASSE, Christophe a été l'adjoint Perrin. Ce type était un bon technicien mais son coaching n'a pas marché, de façon peut-être un peu injuste...

 

La nostalgie de la grande époque des Verts reste encore très ancrée dans la tête de tous les Français qui s'intéressent au football ? C'est normal, les Verts ont marqué l'histoire du foot français avec les Rocheteau, Piazza, Curkovic, Larqué... Leurs exploits sportifs resteront gravés à vie dans le coeur des supporters français, qu'ils soient originaires de Lyon ou de Saint-Etienne. La saga des Verts est ancrée dans l'histoire française. C'est bien. Il faut être fier de ses racines, il faut être fier de là où on vient. Mais il faut avoir le courage de se projeter vers l'avant, de ne pas rester enfermé dans ses acquis. On ne peut pas se le cacher, c'est l'un des travers de la France d'aujourd'hui : on vit trop dans le passé, du coup ça sent un peu la naphtaline et on n'a plus le courage de rien.

 

Succéder à un tel phénomène que Pierre-Emerick Aubameyang n'est pas à la portée de tous les avant-centres. On a dans cette équipe un problème endémique : une profondeur de banc un peu faible. Aussitôt qu'il y a un pépin physique dans l'effectif, ça devient compliqué. L'alchimie entre Mollo, Gradel et Erding est en train de se faire, mais c'est effectivement moins efficace qu'avec Aubame à la finition. Parfois c'est rageant, j'ai l'impression qu'on s'auto-bride. Mais Sainté, c'est la rage du petit face au fauve lyonnais ! (rires) C'est celui qui donne tout parce que lui, il joue sa vie sur le terrain. Quand vous jouez à l'ASSE, il n'y a pas de marge sur le confort et pas de place pour les planqués. Terminer la saison dans les cinq premiers serait une belle satisfaction.

 

J'irai visiter le musée de l'ASSE avec mon fils qui est un supporter assidu des Verts. L'A.S. Saint-Etienne a été fondée en 1933, c'est la mémoire vive du foot français, c'est tout à fait normal qu'on lui consacre un musée. Cette mémoire a du sens, elle doit être transmise à ses enfants. L'ASSE a une identité et ce musée dédié aux 80 ans des Verts est simplement justifié." 

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