La vaillance laborieuse, jusqu'à l'épuisement

07/06/2018
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Dans une intervention le 17 mai dernier au colloque "Football et sciences sociales" relayée par le site The Conversation, l'anthropologue Christian Bromberger a évidemment parlé des Verts. Extraits.

 

"Naguère, et encore dans les années 1980, l’identification à un club n’était pas perçue et conçue par les supporters comme le simple signe (arbitraire) d’une commune appartenance mais comme le symbole (motivé) d’un mode spécifique d’existence collective, qu’incarnait le style de jeu de l’équipe, modulation aux tonalités propres d’un langage universel. Le style local que l’on revendiquait ne correspondait pas toujours, loin s’en faut, à la pratique réelle des joueurs mais plutôt à l’image stéréotypée, enracinée dans la durée, qu’une collectivité se donne d’elle-même et qu’elle souhaite donner aux autres. Non pas tant, donc, à la manière dont les hommes jouent (et vivent), mais à la manière dont ils se plaisent à raconter le jeu de leur équipe (et leur existence).

 

Chaque grande équipe locale imprimait sa marque propre sur le jeu, si bien qu’une confrontation importante se présentait comme "une guerre des style". Ainsi la vaillance laborieuse, jusqu’à l’épuisement, était la dominante stylistique de l'équipe de Saint-Etienne de la grande époque ; de façon significative, dans le palmarès des vedettes établi par les supporters, c’est Oswaldo Piazza qui occupe la première place ; il s’illustrait par sa pugnacité et son courage, remontant le terrain en de longues chevauchées même quand tout espoir de victoire semblait envolé. Le style de la Juventus de Turin, propriété de la Fiat, était symbolisé par les trois S – semplicità, serietà, sobrietà (simplicité, sérieux, sobriété) –, à l’image de la discipline rigoureuse du monde industriel dans l’austère capitale piémontaise.

 

Pour le jeune supporter découvrir progressivement ces propriétés du style local était une manière d’éducation sentimentale aux valeurs qui façonnent sa ville. Mais les trente dernières années ont vu disparaître la guerre des styles locaux. Les changements d’entraîneurs, les transferts de joueurs, deux fois par an, à un rythme précipité, en raison de la concurrence entre clubs fortunés, ont mis un terme à cette continuité stylistique. Aujourd’hui, il n’est plus question d’opposition de styles locaux, mais plutôt de confrontation de styles d’entraîneurs."

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