Curko fier d'être Français
07/09/2017

Dans une longue interview accordée à SoFoot, Ivan Curkovic prend le temps de revenir sur des sujets divers et variés. Extraits.
Sur les Verts : "On a disputé des matchs exceptionnels à partir de Split en Coupe d'Europe. On a renversé une situation incroyable. La France a commencé à vibrer. Saint-Étienne l’a rendu fière. La fierté, c’est le plus important pour une nation. La France était fière de son football et de ses jeunes joueurs issus du cru entourés de quelques cadres. Saint-Étienne est devenu une sorte d’équipe de France où les joueurs étaient clairement identifiés. Tout le monde a commencé à nous supporter."
Sur la confrontation face à Kiev : "Un froid de canard, une ambiance glaciale. C’était compliqué. Même avec toute mon expérience, je ne connaissais rien de cette équipe, mais elle possédait de grands joueurs et surtout un grand entraîneur : Lobanovski. Cette équipe était capable d’apprendre et de reproduire des actions par cœur. Lorsqu’on a marqué le troisième but au match retour, j’ai commencé à trembler parce que je me disais qu’ils allaient pousser. Je n’étais pas sûr qu’on pourrait préserver le résultat."
Sur l'école des gardiens yougoslaves : "Elle était très solide et de très grande qualité grâce au travail spécifique. J’ai amené ce savoir-faire en France. Je l’ai partagé avec Herbin et Monsieur Boulogne à Vichy, ensuite, lorsque je me suis occupé des jeunes. KovaÄ, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, m’a appelé aussi plusieurs fois pour que je vienne travailler avec lui. Sans travail spécifique, le gardien de but n’existe pas."
Sur sa place dans le groupe : "J’aime le travail bien fait. Sans travail, vous ne pouvez pas progresser. Footballeur c’est un travail, un métier très sérieux, exigeant. À Saint-Étienne avec une jeune équipe, j’ai simplement imposé quelque chose, en accord avec mon entraîneur qui était aussi quelqu’un de très exigeant. Le président Roger Rocher l’était aussi, les mineurs de Saint-Étienne également, donc je m’entendais naturellement avec eux. Sans fausse modestie, je pense que mes jeunes coéquipiers ont beaucoup appris grâce au travail que j’ai apporté."
Sur son lien avec la France : "Lorsque je suis arrivé à Saint-Étienne, je ne parlais pas un mot de français. Lors de mon premier stage, j’ai partagé ma chambre avec mon très cher ami Aimé Jacquet. C’était mon premier professeur de français. Il était patient, pédagogue. On garde un contact très fraternel.
Durant ma carrière, j’ai refusé de prendre la nationalité française alors que l’équipe aurait pu, grâce à cela, recruter un étranger de plus. Je tenais à rester yougoslave. En 1982, le président Mitterrand m’a donné la nationalité française par décret et pour service rendu. J’ai accepté car la France est toujours restée dans mon cœur, c’est ma deuxième patrie, je m’y sens chez moi. Avoir la nationalité française est un grand honneur, j’en suis très fier."
Sur sa gestion des matchs et des après matchs : "J’étais assez nerveux pendant les matchs. J’étais quelqu’un qui parlait beaucoup, replaçait, dirigeait mes partenaires. Je préférais rentrer à la maison voir ma femme, boire du thé. Je ne pouvais pas dormir tout de suite. Je n’étais pas prêt à sortir."
Sur son départ à la retraite : "Quand j’ai disputé mon dernier match, je savais qu’il n’y en aurait plus derrière. Les matchs, les entraînements, tous les gestes à répéter, j’en avais un peu marre à la fin."
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