Landrin revient sur ses vertes années

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Désormais responsable du service des sports et de la gestion des salles de la ville de Veauche (Loire), Christophe Landrin revient sur ses vertes années dans la Pravda de ce dimanche. Extraits.

"Pascal Feindouno est le joueur le plus fort avec lequel j'ai joué dans ma carrière. Un magicien, un génie presque, et un régal de jouer avec lui à Saint-Étienne. Il avait une approche du football opposée de la mienne, cartésienne, qui interpelle, remet des choses en question et justifie l'individualisation. Il existait des règles pour tout le monde, et lui à côté. Je dis ça avec admiration. Parce que c'était un joueur moteur, qui t'amenait à tenter des choses.

La veille de notre dernier match de la saison avec Saint-Étienne, Feindouno sort un saucisson, son couteau et du citron de son sac de randonneur, dans le car. Il me lance : "J'aime en manger en prenant l'apéro." Je l'ai suivi dans sa chambre avec un autre joueur, dont je tairai le nom car il joue encore, et on s'est mis une cuite. Le lendemain, on était tous les trois titulaires et Pascal a mis le dernier but face à Monaco. Le plus dingue, c'est qu'il fallait un concours de circonstances phénoménal pour finir européens. Et on l'a été !

Geoffrey Dernis prenait tout à la rigolade, surtout avant les matches. Pour décompresser. Très croyant, Tavlaridis mettait ses petites statuettes sur son casier, limite crèche. Et lui, il venait y mettre le bordel dedans. Le plus fou, c'est Jessy Moulin, dit "Looping", en rapport à la série américaine l'Agence tous risques. Il était capable de simuler une crise sur le terrain comme de se balader avec un cartable d'enfant sur le dos dans un centre commercial.

Ma plus grosse engueulade a eu lieu avec Laurent Roussey, que j'apprécie pourtant énormément. Il a voulu me voir avec tout son staff. Je lui ai tenu des mots très durs car je ne jouais plus alors que j'étais en train de renégocier mon contrat. Mais cela avait permis de crever l'abcès. Alain Perrin m'a demandé à l'entraînement de rester sur la ligne quand ça jouait à l'opposé. Quand le jeu est revenu de mon côté, c'était trop tard pour rentrer et on a pris un but. Lors de l'action suivante, je suis donc rentré. Et je me suis fait engueuler ! Malgré cela, on a reproduit cette tactique en match.

Les gens me parlent aussi encore de ma papinade sur un centre de Feindouno lors de ASSE- Valenciennes. Quand je l'ai montrée à Bastien, mon petit de six ans, il était tout gêné, avec des frissons."

Nous aussi on a encore des frissons, Christophe !

 

 

 

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