Treizième extrait de "Vert de Rage" (éd. Calmann-Lévy), livre de Jean-Michel Larqué publié le 27 janvier.
"Chaque jour qui passe nous éloigne de 1976. Le nombre de supporters stéphanois est sans rapport avec les performances de l'équipe. C'est exceptionnel. Mais qu'on le veuille ou non, cet engouement repose sur le glorieux passé du club. Nous, les anciens Verts, ne demandons rien au club. Si l'on parle encore de Saint-Etienne aujourd'hui, nous y sommes sans doute pour quelque chose. On n'empêche personne de faire mieux que nous. On rêve seulement que l'ASSE gagne un jour prochain la Ligue des Champions. Avant même que Laurent Roussey ne prenne ses fonctions, il a déclaré qu'on ne réussirait pas à l'ASSE, parce que les anciens n'y tenaient pas. Il avait oublié qu'il faisait partie lui aussi des anciens et ne semblait pas se compter dans le lot. C'est ennuyeux. Si nous nous voyons toujours avec mes anciens coéquipiers, à aucun moment ce n'est pour évoquer la façon de miner le renouveau du club.
A Chelsea, Barcelone, Munich ou Madrid, les anciens ont eu des rôles essentiels. Ils ont porté les clubs après leur passage sur le terrain. Soit Saint-Etienne ne sait pas trop s'y prendre, soit on ne souhaite pas que cela arrive. On n'a fait qu'instiller des doses homéopathiques d'anciens Verts dans le club. Un petit coup de Sarramagna, un zeste de Santini, une dosette de Larqué. Il n'y a jamais eu de tentative collégiale. Je regrette de ne pas avoir pu essayer de relancer l'ASSE avec les anciens. Mais ce club est mystérieux. Il a très bien marché sans que l'on sache vraiment pourquoi, puis est "tombé" sans raison apparente. Aujourd'hui il y a de l'argent, un effectif, un entraîneur, des structures, des associés, mais pas de résultats sportifs. Je ne sais pas quel remède salvateur on pourrait lui administrer." |