Entretien avec David Guion, ancien Vert et actuel directeur du centre de formation du Stade de Reims.


Tu as perdu les cinq matches que tu as joués à Geoffroy-Guichard. Les deux premiers, c'était en L1, où tu évoluais aux côtés de Christophe Galtier au LOSC. Quels souvenirs gardes-tu de Galette comme joueur ? 

C’était un joueur qui avait du tempérament. Un joueur qui techniquement, était bien en place. Malgré sa petite taille, surtout pour un poste défensif, Christophe avait quand même une présence athlétique vraiment intéressante. C'était aussi un garçon qui pouvait avoir une belle agressivité quand il le souhaitait.

Es-tu surpris de le voir réussir au poste d'entraîneur ?

Je ne sais pas trop car autant je connais bien l’homme et le joueur, autant je ne connais pas du tout l’entraîneur. Il m’est donc difficile de répondre à cette question. Mais, c’est vrai qu’à l’époque on ne peut pas vraiment dire qu'il était très ouvert sur les tactiques et les principes de jeu.

En L2, tu t'es incliné dans le Chaudron avec Mulhouse, aux côtés de Flavio Cuca sous la houlette de Christian Sarramagna. Quelles images te reste-t-il de ces deux hommes ?

J’appréciais beaucoup Cuca parce qu’il avait fait énormément d’efforts pour s’imposer. Il avait un sens du but vraiment intéressant. Avec Mulhouse, en Ligue 2, ça allait. Mais avec Saint-Etienne, la marche était peut-être un peu trop haute pour lui. Christian était un entraîneur très ouvert au dialogue. On pouvait discuter avec lui et j’ai eu de nombreuses discussions techniques avec lui. Il avait une grande expérience en tant que joueur et en tant qu’entraîneur. On avait de beaux débats d’idées. Le technicien essayait de faire partager sa passion et l’homme était aussi d’une extrême gentillesse.

Sous le maillot du Red Star, tu as perdu deux fois à Sainté. En compagnie des futurs Verts Fouss Diawara, Teg Agasson et Karim Fellahi, tu as joué ton dernier match contre l'ASSE au Stade de France. Te souviens-tu de ce match ?

On ne peut pas oublier ce match. On l'avait joué au Stade de France à l’initiative du président Bras. Il y avait mon ancien coéquipier lillois Rudi Garcia dans le staff de Saint-Etienne. On avait battu le record d’affluence pour un match de L2. Lucien Mettomo avait marqué à mon sens, le plus beau but de sa carrière. 

Comment as-tu atterri à Sainté en 2003 ?

Je venais de finir ma carrière de joueur à Istres et j'avais enchaîné avec une reconversion grâce à Arnaud Dos Santos au centre de formation d’Istres. J’ai eu la chance d’être contacté par l’ASSE pour reprendre la direction du Centre de Formation. Il est évident qu’un poste de responsabilité comme celui-ci ne se refuse pas, même si le club était en difficulté puisqu’à l’époque, il était en Ligue 2. Mais il y avait une grande volonté de rebondir. On sentait bien que l’essentiel tournait autour de l’équipe professionnelle parce qu’il fallait retrouver l’élite au plus vite.

Qui t’a contacté ? Ca s’est passé comment concrètement ?

Je ne le connaissais pas obligatoirement, mais c’est Monsieur Aimé Jacquet qui m'a appelé un beau jour. Je ne le connaissais pas mais lui me connaissait, certainement à travers Clairefontaine et les différentes formations. Il m’a dit : "Prépare toi à monter un dossier parce que l’ASSE va t’appeler pour un entretien."

Peux-tu nous rappeler les fonctions que tu as exercées au Centre de formation de l'ASSE ?

J’ai eu la chance lors de mon séjour à Saint-Etienne de tout balayer. Pour moi ça a été une formation en accéléré, vraiment très enrichissante. J’ai commencé à la direction du Centre et je souhaitais en même temps garder une équipe car il fallait structurer la pré-formation à l’époque. J'ai donc entraîné les U14 fédéraux. J'observais également les adversaires de l'équipe première pour Frédéric Antonetti. Avec ces trois casquettes, c'est vrai que j'avais énormément de travail à l’époque. Ensuite, j’ai pris les U17 nationaux puis Laurent Roussey a souhaité que je rejoigne le staff des pros.

Qu'as-tu retenu de ton expérience de formateur stéphanois ? 

Enormément de choses. On était vraiment au début du "rebond" du Centre de Formation. J'ai été par exemple à l’initiative de la section sportive d’Elite pré-formation qui, pour moi, était indispensable à mettre en place. Quelques années plus tard, ils ont été champions de France. Aujourd’hui, avec une pré-formation forte, on a plus de chance d’avoir une formation performante. C’était le début de la structure. J’ai pris beaucoup de plaisir parce que j’ai tout fait : des 14 ans jusqu’à la réserve pro en passant par les 19 ans et les 17 ans. J’ai trouvé que c’était la catégorie des 17 ans qui était la plus agréable. C’est vrai que je n’ai pas eu obligatoirement des supers promotions. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir avec les promotions des 89, 90 et 91. J’ai eu la chance d’accompagner pendant leur formation, les Rivière, Guilavogui…

Tu as d'ailleurs joué un rôle déterminant dans l'arrivée de Josuha à Sainté.

C’est un garçon qui est venu à 13 ans. Et puis, comme ça se passe souvent dans ces cas-là, on doit le revoir. Le dossier est resté rangé dans un tiroir et puis on a eu un gros coup de chance parce que je connais bien Bruno Bini qui, à l’époque, est le CTR Méditérrannée. Il m’appelle et me dit : "Ecoute David, je monte à Clairefontaine avec mon équipe de U15 et je vais m’arrêter à l’Etrat ". A l’époque, on avait la possibilité à l’Etrat de loger des équipes, il y avait des chambres disponibles pour des équipes venant de l’extérieur. Et puis, il décide de faire un petit entraînement sur le couvert. Bien sûr, moi, je vais voir par curiosité et là, je retombe sur Josuha. En 35-40 minutes, je suis tombé sous le charme. Et puis, j’ai appelé tout de suite notre recruteur dans le sud, Sébastien Fontbonne, pour qu’il aille voir les parents et qu’il finalise le dossier avant qu’il aille à Clairefontaine.

Tu dis que tu n'as pas eu de supers promotions de U17, mais huit joueurs que tu eu sous tes ordres sont quand même passés pros : Julien Cétout, Yohan Andreu, Manu Rivière, Josuha Guilavogui, Loris Néry, Faouzi Ghoulam, Papou Paye et Idriss Saadi. Quel est le joueur le plus fort que tu aies eu à entraîner à Sainté ?

Quand j'ai fait signer Manu Rivière, je savais qu'il serait pro. A quel niveau, sincèrement, je ne pouvais pas le dire mais je savais qu’il allait être pro, je l’avais déjà dit à Laurent Roussey à l’époque quand il a repris les pros. Je savais que Manu allait s'imposer car en plus de ses qualités footballistiques il avait le mental. Et puis, très vite, j'ai souhaité le surclasser quand il était en avance au niveau physique. J'avais de bons espoirs que Josuha, Papou et Loris signent pro. Mais en toute sincérité, en toute humilité, je ne pouvais pas imaginer que Josuha serait international à 23 ans.

Es-tu surpris par la trajectoire de Faouzi Ghoulam. Le pensais-tu capable d'évoluer au plus haut niveau ?

Faouzi, c’est différent parce qu’il était en retard physiologique. Il était grand, il poussait mais il était en grosse difficulté dans ses techniques défensives. A l’époque, il ne jouait pratiquement pas avec moi tellement il était en difficulté. Sa trajectoire n'est pas si surprenante. Malgré ses carences défensives, techniquement, il était bon, ça c’est sûr. Je pense qu’il doit encore travailler ses techniques défensives. Je pense que le championnat italien va le rendre encore plus fort.

Quel est le principal espoir déçu ? Le petit jeune à fort potentiel qui n'a pas réussi à confirmer ?

Jérôme Dupouy, un 88. Il avait toutes les qualités pour faire un bon avant-centre.

Comme le fera quatre ans après toi ton successeur Romain Revelli, tu as quitté ton poste d'entraîneur des U17 pour rejoindre le staff des pros en 2007. Peux-tu nous rappeler le contexte de cette évolution ?

Ce n’est pas quelque chose que je souhaitais obligatoirement, mais Laurent m’a sollicité. J’ai dit au président Romeyer : "je veux bien essayer avec les pros, pour voir". Ca faisait quelques temps que j’avais quitté le monde des pros en tant que joueur. J’ai dit : "je veux bien aller avec les pros mais redescendre à la formation ne me dérange pas du tout". Je voulais avoir la possibilité de redescendre à la formation, apporter l’expérience que j’ai eue avec les pros. Le président m’a dit oui. Il m’a juste demandé d’être fidèle et d’être honnête. Pour moi, ce sont des valeurs qui m’accompagnent au quotidien donc ce n’était pas difficile.

Quel était ton rôle aux côtés de Laurent Roussey ? 

On avait énormément de joueurs de moins de 23 ans et il y avait beaucoup de travail de post-formation à faire. C’était très agréable de travailler avec eux. J’ai pris beaucoup de plaisir, en plus, ce sont des garçons charmants. On a eu la chance d’avoir la meilleure équipe des dernières années avec de jeunes joueurs prometteurs : Dabo, Bafé, Guarin, Mirallas, Mouss Sall, Loïc Perrin, Matuidi, Payet… Au-delà de l'aide que j'apportais à Laurent Roussey aux entraînements, je m'occupais d'étudier l'adversaire. J'ai toujours été passionné par les principes de jeu et donc par la tactique. L'un de ses corollaires, l'analyse des forces et des faiblesses de l'adversaire, était un travail qui m'intéressait fortement.

Tu as connu les joies d'une qualification en UEFA et les affres d'un licenciement. Quel bilan tires-tu de ton passage à l'ASSE ? Tu retiens avant tout en tête les bons souvenirs ou tu gardes de la rancœur suite à ton éviction ?

Je n'ai aucune rancœur. Je ne retiens que le positif. De la formation, de ses éducateurs, qui sont toujours là pour la plupart, preuve de leur qualité. J'en garde d'excellents souvenirs. Nous avions créé une formidable dynamique. Avec les pros, ce fut une expérience exceptionnelle, d'autant que retrouver l'Europe après 26 ans, c'était vraiment quelque chose ! Surtout, avec le recul, on se rend bien compte de la qualité de l'effectif que nous avions à disposition. S'il n'y avait pas eu, à mon sens, un manque de patience et de stabilité, on aurait pu faire quelque chose comme Auxerre ou Montpellier. Ces deux clubs ont été champions avec des joueurs à mon avis moins talentueux que ceux que j'ai connus à Sainté. Le potentiel était là et je ne pense pas me tromper. Mais l'instabilité a tué le club à l'époque…

Le football de haut niveau induit qu'après une série de défaites, ceux qui ont été portés au pinacle peuvent être du jour au lendemain voués aux gémonies...

Cela fait 35 ans que j'ai intégré ça ! Je connais les règles du jeu. Les postes d'entraîneurs professionnels sont naturellement plus exposés que ceux liés à la formation. La pression ne m'a jamais fait peur, au contraire, comme de nombreux collègues, j'en ai besoin. Cela m'a permis de découvrir mes points faibles, là où il fallait que je m'améliore. En ce sens, je suis retourné une année à la Fac, et j'ai passé des diplômes de préparation mentale et de coaching. 

As-tu encore des contacts avec Laurent Roussey et Luc Sonor ?

Oui, toujours. Je ne suis fâché avec personne. J'ai toujours des contacts réguliers avec les joueurs de l'époque comme Blaise ou Bafé. Juste avant de faire cette interview pour Poteaux Carrés, j'ai eu Dabo qui m'a appelé !

Pour terminer avec cette période stéphanoise, comment expliques-tu, qu'après avoir obtenu cette 5ème place qualificative pour l'UEFA, le club ait connu de telles mauvaises performances en début de saison suivante ?

Nous avons manqué de stabilité et de sérénité. Ce n'est pas comme aujourd'hui avec Roland ! A l'époque, un joueur pouvait rencontrer 5 personnes différentes dans la journée pour autant de discours ! Celui de l'entraîneur, du coup, était vite dilué là-dedans. A l'époque, l'ASSE était une véritable usine à gaz. Heureusement, les temps ont bien changé !

Lors de ton unique saison à Chambéry, tu as vécu une magnifique épopée en Coupe de France en parvenant jusqu'en quart de finale avec cette équipe de CFA2. Tu as notamment eu sous tes ordres un certain Stéphane Hernandez. Quels souvenirs gardes-tu de ce joueur ?

J'ai eu la chance de l'avoir coaché. C'était vraiment l'idéal : un amateur qui jouait en pro quand il était pro et un pro qui jouait en amateur quand il était avec moi. Nous avons connu une année exceptionnelle et Stéphane a apporté toute son expérience, pas seulement en tant que joueur mais aussi en tant qu'homme. Il a fait vivre le groupe de bien belle manière tout en étant performant toute l'année, en coupe de France, certes, mais aussi en championnat, où nous finissons premier. C'est vrai que cette saison-là était extraordinaire ! Stéphane se sentait vraiment très à l'aise dans le monde amateur. C'est une certitude, il y était apprécié. Il retrouvait plus de valeurs dans cet univers. Voici en tout cas le ressenti que j'ai eu sur lui. Quand je l'ai connu à Saint-etienne, c'était la doublure parfaite. Peut-être qu'au cours de sa carrière sportive, il a pu manquer un peu d'ambition, mais il était tellement heureux à Chambéry.

Après ton passage réussi en Savoie, tu as connu quelques déboires avec Cannes puis Boulogne avant de rebondir en Champagne. Comment as-tu atterri à Reims lors de l'été 2012 et quelles fonctions exerces-tu dans ce club ?

A Cannes, j'ai été conquis par le président Fakhri. Mais je n'étais pas au bon endroit au bon moment, notamment à cause de la rétrogradation administrative au cours de la préparation estivale. J'étais venu pour jouer la montée en ligue 2 avec un excellent groupe, du coup, d'un commun accord, j'ai quitté le club. Ensuite, je suis allé filer un coup de main à Pascal Plancque à Boulogne car le terrain me passionnait ! Puis, voulant prendre des responsabilités, j'ai saisi l'opportunité que m'a offert Olivier Létang, à savoir prendre le poste de directeur du centre de formation du Stade de Reims et, en même temps, diriger l'équipe réserve. L'idée est de développer toute la politique sportive du club.

Quelles sont les ressemblances et les différences entre les centres de formation de Reims et de l'ASSE dans le domaine du recrutement, des infrastructures, des méthodes de formation ?

La différence est énorme. Ici, on part d'une page blanche. Le centre de formation sort de terre. On va pouvoir démarrer au 1er juillet. Actuellement on est dans une structure de CREPS. Il a fallu monter tout le projet. C'est mon truc à moi, je suis un homme de projets, je m'inscris toujours dans le moyen terme. Il a fallu, déjà, faire monter la réserve de DH à CFA2, ce qui a été fait dès la première année. Et puis, dans le même temps, améliorer l'effectif et donc le recrutement. Par rapport à Sainté, nous avons la chance d'être à 45 minutes de Paris, où il y a le plus grand vivier de France ! Le club, par son équipe première, dégage une très bonne image. Le recrutement est, du coup, assez confortable. Les valeurs du Stade de Reims sont assez attirantes pour les joueurs.

Cette remarque vaut aussi pour l'ASSE !

Oui. C'est la base. Quand l'équipe première réussit, quand la locomotive brille, c'est beaucoup plus facile de faire venir des joueurs, surtout dans des clubs populaires comme l'ASSE et le Stade de Reims. Inévitablement, ça rejaillit dans les discours, ça rejaillit dans les générations. Pour nous c'est un vrai atout. Le Stade de Reims a une très grande histoire mais le club a connu aussi tellement de difficultés. Il a disparu un moment du monde professionnel et il failli carrément disparaître. Les présidents ont fait un travail immense. On a un superbe outil de travail qui va voir le jour le 1er juillet. On a un stade à taille humaine super sympa dans le centre-ville de Reims, la capitale est presque à deux pas, la ville est géniale. On a de gros atouts pour développer la formation au Stade de Reims. 

Directeur du centre et entraîneur de la réserve, tu ne bulles pas en Champagne. Comment gères-tu tes deux casquettes ? Dans beaucoup de clubs pros, ces deux missions sont désormais exercées par deux hommes différents. On le voit à l'ASSE par exemple…

A mon sens, l'essence même du centre de formation, c'est le terrain. Tout part du terrain. Pour moi, le directeur du centre de formation doit être sur le terrain. Qu'il ait en charge ou pas une équipe en plus de ses fonctions de directeur, à la limite ça peut se discuter. Mais il faut qu'il soit sur la pelouse ! C'est indispensable. S'il n'entraîne pas une équipe, le directeur doit au moins se balader sur les différentes équipes, échanger sur le pré, faire passer des messages aux formateurs et aux jeunes. Il y a plein de travail à faire en termes de management sur le terrain. Il faut mettre en place des exercices, appliquer des méthodologies d'entraînement car c'est indispensable maintenant. L'essence même du directeur de formation, je ne la vois pas dans les bureaux ! La partie essentielle c'est le terrain et après il y a aussi bien sûr coordonner le recrutement et mettre en place tout l'aspect scolaire et éducatif.

Comment juges-tu le centre de formation de l'ASSE aujourd'hui ? Est-il plus attractif qu'à ton époque ?

Oui, il est plus attractif tout simplement parce que maintenant il y a des moyens. A notre époque on n'avait pas tant de moyens que ça. Maintenant, il y a une pré-formation d'élite. Il est plus attractif parce que tout doucement il fallait inévitablement qu'il n'y ait qu'une seule voix qui parle. Là on sent vraiment que Roland Romeyer a apporté toute cette sérénité et cette stabilité même à la formation. Il est plus attractif parce qu'il a développé tout son réseau de clubs partenaires qui fait qu'inévitablement il a tissé une zone d'influence importante. Il est plus attractif parce que maintenant les pros ont ramené un peu de sérénité, une très bonne image, qui fait que c'est plus confortable.

A Reims comme à Sainté, l'entraîneur de l'équipe première est-il sensible aux performances des jeunes ? Tu échanges régulièrement avec Hubert Fournier ?

Oui. Moi je m'entraîne toujours à côté et aux heures des pros, ça facilite les échanges. Ensuite j'ai un contact privilégié avec Hubert parce qu'on est de la même promotion DEPF, on est proches. Il y a une vraie écoute et beaucoup d'estime l'un pour l'autre. On s'écoute et on travaille vraiment de façon idéale. On est une petite structure, notre projet est humain aussi et puis on a la chance, c'est surtout ça notre grande chance, d'avoir des hommes de grande qualité.

Comment juges-tu le niveau du CFA2 ?

J'ai eu la "chance" de connaître aussi la CFA2 dans le Rhône-Alpes. Je trouve que le niveau augmente. On a de plus en plus de joueurs issus des centres de formation. On a diminué le nombre d'équipes, donc on a tendu plus vers la qualité. Ensuite on a mis des statuts à des joueurs amateurs, il y a des contrats fédéraux. Il y a des entraîneurs qui sont de mieux en mieux équipés pour enseigner. Cette année, dans notre groupe, il y a par exemple deux grosses équipes qui sont Troyes et Sedan. Ce sont des équipes de CFA minimum parce qu'elles ont énormément de budget. C'est un peu comme en Rhône-Alpes quand j'étais à Chambéry, il y a une grosse moitié des équipes qui sont très performantes, et l'autre moitié qui l'est un peu moins.

Comment se situes l'équipe réserve de Reims ?

On est en dessous pour une seule raison, c'est que je souhaitais rajeunir l'effectif de la réserve. Il n'est pratiquement composé que de 19 ans. Ça se passait bien jusqu'à Noël, et puis après tous les gamins sont partis en Gambardella et j'avais un équipe amoindrie à chaque fois. Comme on est qualifié en demie en Gambardella, on va devoir lutter jusqu'à la fin de la saison pour essayer de se maintenir.

Les U19 rémois se sont brillamment qualifiés en éliminant le Stade Rennais de Laurent Huard 3-0 en quart de finale. En demi, vous allez affronter Monaco, qui a sorti Sainté en 16ème de finale. Vas-tu appeler Jean-Philippe Primard pour glaner des infos sur cette équipe monégasque ?

J'ai déjà appelé Jean-Philippe ! J'ai essayé de prendre le maximum d'informations. Notre bon parcours en Gambardella donne une belle exposition à notre centre de formation, on n'en avait pas l'habitude. Cela montre que nos garçons travaillent bien ils ont un bon état d'esprit, de bonnes attitudes. On a créé la surprise en battant Rennes. Maintenant on a le grand favori de la compétition qui se dresse devant nous à Moulins.

Quel(s) jeune(s) joueur(s) du club conseillerais à la cellule de recrutement de l'ASSE ? 

Il y a trois ou quatre joueurs très prometteurs mais ce n'est pas la peine de conseiller les recruteurs stéphanois, ils ont déjà dû les contacter ! (rires)

Auteur d'un doublé contre Rennes, Grejohn Kyei semble particulièrement prometteur. Il va signer pro chez vous ?

En principe oui.

Quel jugement tu portes sur la saison actuelle de l'équipe première de l'ASSE ?

Elle réalise une très belle saison. Au-delà de l'aspect technico-tactique ce qu'il me plait, c'est l'état d'esprit des garçons. Il y a une vraie cohésion d'équipe, on le sent. C'est surtout ça qui me plait.

Grzegorz Krychowiak serait-il une bonne recrue pour l'ASSE ?

Grzegorz a une grosse qualité, il a énormément de cœur. C'estun garçon qui a besoin de se dépenser énormément sur le terrain, qui a énormément de générosité. Donc imaginez ce que peut faire dans le Chaudron !

Quel joueur affectionnes-tu plus que les autres dans l'effectif actuel de l'ASSE ?

Je ne vais pas être très original : j'ai une affection particulière pour Loïc. On se connait. Il a passé des moments difficiles, il a rebondi. On a toujours bien discuté et puis j'apprécie beaucoup son état d'esprit. En plus il est issu du centre de formation. C'est un vrai exemple pour le club et pour le centre de formation de Saint-Etienne.

Les Verts ont-ils encore une chance de coiffer Lille sur le poteau pour la troisième place malgré le match nul concédé contre Nice dimanche dernier ?

Oui, l'idée en effet c'est d'aller chercher cette troisième place. Mais il faut déjà consolider la quatrième. Il faut y aller par étapes. On sait très bien qu'à Saint-Etienne les effets d'annonces sont, je ne vais pas dire meurtriers, mais… Souvent ça fait pschitt ! La priorité, c'est de consolider la quatrième place. A deux ou trois journées de la fin, si la troisième est jouable, ok il faut aller en Champion's League, bien sûr ! Il faut se souvenir d'où arrive le club et quels sont ses arguments.

Quid des chances du stade de Reims d'accrocher la cinquième place ? Penses-tu que vous pouvez aller chercher les vilains ?

Ce sera compliqué. Lyon, Saint-Etienne, Marseille mais aussi Bordeaux ont des effectifs tellement supérieurs aux nôtre en quantité et en qualité... Nous on a des grandes qualités de cœur, c'est ce qui fait qu'on est là aujourd'hui. On est un peu dans le dur actuellement. Pour nous, le match de Saint-Etienne est super bon à prendre, parce que ça va permettre à l'équipe de rebasculer sur une fin de saison pleine d'incertitudes, et on sait jamais où ça va peut nous amener. Ce match contre Sainté peut permettre à l'équipe de basculer sur une dynamique positive jusqu'à la fin de la saison.

A Reims, es-tu un adepte du football champagne ?

Oui, on développe un vrai projet de jeu, avec des vrais principes. C'est vrai qu'à Reims le supporter est aussi spectateur et on se doit de gagner avec la manière. J'avais connu ça aussi à Angers, c'est un peu le même genre. 

Qui va trinquer dimanche : Sainté ou Reims ?

Même si j'aime bien Saint-Etienne, j'espère que c'est Reims qui va déboucher le champagne !

 

Merci à David pour sa disponibilité et aux potonautes Faiseur de Tresses, Naar et Bâtard77 pour la retranscription de l'entretien