De l'ASSE à l'ASSE (en passant par la banlieue), parcours d'un défenseur propre et fidèle, symbole des années 90...


Christophe Deguerville voit le jour le 27 juin 1970 à Villeneuve-la-Garenne (92). Après avoir effectué toutes ses classes au centre de formation de l'ASSE, il effectue ses grands débuts en D1, le 4 juin 1988 face à Laval (victoire 2-1 au stade Geoffroy-Guichard), lors du tout dernier match de la saison. Peu utilisé lors de l'exercice 1988-89 (4 matches seulement), il commence à s'imposer dans l'effectif stéphanois à partir de l'été 1989.



Christophe Deguerville sous le maillot vert face à l'OM en 1993


Devenu titulaire indiscutable au poste de défenseur droit, un poste qu’il occupera toute sa carrière, Christophe Deguerville doit attendre le 24 novembre 1990 pour inscrire son premier but professionnel, lors d’une défaite 4-2 au Parc des Princes contre le PSG. Il n'en marquera que 5 autres en tout et pour tout.
Dans sa carrière de 349 matchs en D1 (sous trois maillots différents), 213 sont disputés sous le maillot pour un total de 241, coupes comprises. Seuls 10 de ces matches n'auront pas été disputés en entier.
Deguerville marque rarement mais est généralement décisif. L'un de ses buts a même une saveur particulière puisque c'est en effet lui qui égalise à la dernière minute au stade Geoffroy-Guichard contre Marseille, lors du fameux match rejoué de 1992 (la première rencontre, remportée 1-0, avait été annulée suite à "l'affaire de la canette de Papin").



Encore plus jouissif qu'une canette en pleine poire...


Christophe Deguerville reste à l’ASSE durant huit saisons (1987-1995) et est même convoqué par trois fois dans l’Equipe de France A’, qui servait à tester de potentiels internationaux. Mais il n'aura jamais la chance de porter le vrai maillot de son pays:

* France A' – Sénégal, le 12 janvier 1993 à Dakar : 3-1. Il remplace Karembeu à la 60e minute
* Tunisie - France A', le 2 février 1994 à Tunis : 1-1. Il joue l'intégralité du match
* France A' - sélection Francophone, le 25 mai 1994 à Evry : 4-1. Il joue l'intégralité du match



Deguerville en 1995, peu avant son départ de Saint-Etienne


Après 7 ans de bons et loyaux services, la saison 1994-95 est la dernière de sa première ère stéphanoise. Christophe part bientôt sur les bords du Rhône, chez le voisin lyonnais. Une migration étonnante pour un enfant du cru et pas forcément très bien vécue: "Lorsque je suis arrivé à l'OL en voiture verte, Bernard Lacombe m'a dit: "Va me la changer rapidement !". Là j’ai commencé à penser que ce ne serait pas forcément facile pour moi mais j'ai continué à rouler avec ma voiture verte. Le changement de club a été difficile à vivre. J’avais plusieurs propositions, celle de Lyon était intéressante. Et puis je n’étais pas loin de Saint-Etienne, je me suis dit que je pourrais aller voir les Verts. Lyon, c’est spécial comme ambiance. Il n’est pas facile de s’adapter là-bas, je ne suis pas seul dans ce cas. Je n’ai pas été très bien accueilli. Il est vrai que l’OL sortait d’une bonne saison, était composée de joueurs issus du centre de formation. Je n’étais pas bien dans ma tête et pour être honnête, durant deux ans, je n’ai pas été bon. J’ai joué deux derbies avec Lyon. Je n’étais pas à mon aise. Le premier, on obtient le nul à Geoffroy-Guichard. Franchement, ce résultat me convenait. Nous gagnons le second 2-1 à Gerland."



Deguerville sous un bien vilain maillot en 1996


Christophe reste à l’OL deux saisons (1995-1997), et y connaît les joies de la Coupe de l’UEFA à huit reprises, avec ses débuts européens lors de Farense-Lyon (0-1), le 13 septembre 1995. Puis il s’en va rejoindre Frédéric Antonetti (alors entraîneur de Bastia), au moment où un certain Patrice Carteron arrive à l’OL prendre sa place. Et c’est avec ce club qu’il découvre la finale de la Coupe de France en 2002, qu'il perd malheureusement 1-0 contre le Lorient de Pascal Feindouno. Il joue les 53 premières minutes au Stade de France, avant d’être remplacé par Nicolas Dieuze, le spécialiste national de la lose. C'est sa seconde défaite cruelle dans cette Coupe après la demi-finale en 1993 perdue avec les Verts contre Nantes.



En vieux briscard à Bastia en 2001


Laissé libre à l'été 2002 par Bastia, il revient alors avec plaisir à Saint-Étienne en novembre de la même année pour donner un coup de main à des Verts bien pâles cette saison-là: "J’ai passé neuf belles années à Saint-Étienne. C’est ici que j’ai appris et aimé le football". Il retrouve alors Frédéric Antonetti comme entraîneur et Patrice Carteron comme équipier: "Je me suis dit que personne ne ferait appel à moi. Et puis, le miracle a eu lieu. Je ne viens surtout pas en terrain conquis et l'entraîneur décidera seul s'il me fait jouer. Je peux apporter mon expérience" déclare t'il à son arrivée. Il est alors au chômage depuis son départ de Bastia 5 mois plus tôt.



Deguerville face à Nancy en 2002 pour son deuxième séjour en Vert


Après seulement 10 matchs disputés (pour seulement 2 victoires), la faute à de nombreuses blessures, Christophe quitte le club à la fin de son contrat, au terme de la saison 2002-03, non sans avoir gardé un excellent souvenir de son passage mi-figue mi-raisin: "Saint-Etienne, c'est mon club, mon équipe et ça le restera toujours"

Il émigre alors dans le sud de la France et continue de jouer au football dans de modestes formations amatrices: Perpignan (66), Montgeron (91) où il retrouve Philippe Cuervo en 2006 puis à l'Ille-sur-Têt (66) en 2007: "J'ai rejoint ce club car je connaissais quelques joueurs, je voulais leur donner un p'tit coup de main et leur transmettre mon vécu d'ancien joueur pro. Mais ça s'est mal passé, il y a deux équipes seniors qui ne s'entendent pas du tout. Je ne suis pas venu là pour me prendre la tête donc j'ai décidé d'arrêter".



La carrière de Christophe Deguerville en un clin d'oeil


L'ancien latéral des Verts retrouve alors le football amateur en 2009 à Claira (66) avant de se consacrer exclusivement à sa reconversion dans les fruits du Roussillon, une manière comme une autre de voir son travail porter ses fruits...