Pouvant jouer latéral droit ou gauche, capable d'évoluer en 6, bon dans les duels, ayant un faible pour les Verts, Fabien Dagneaux cochait toutes les cases pour renforcer l'effectif de l'ASSE en cette fin de mercato hivernal. Mais l'entraîneur de l'USBCO ne restera pas à Sainté après son match dans le Chaudron programmé ce samedi soir à Geoffroy-Guichard.


Fabien, en tant qu'enfant du Chemin Vert [quartier populaire de Boulogne-sur-Mer où a également grandi Franck Ribéry, ndp2], tu étais destiné à te déplacer à Sainté !

Oui, peut-être ! (sourire) En tout cas, je suis un enfant des années 70 puisque je suis né en 1972. Forcément, l'AS Saint-Étienne a bercé toute mon enfance et m'a aussi donné goût au football. C'est une grande fierté pour moi d’affronter les Verts. Mon fils aîné est fan de Saint-Étienne, mon frère est fan de Saint-Étienne. Donc forcément, c'est vraiment un honneur de jouer contre Saint-Étienne. Même si mon cœur est rouge et noir, il y a une partie de ma vie qui est aussi verte. Je suis trop jeune pour avoir des souvenirs de l’équipe de 1976 mais je portais le fameux T-Shirt avec les têtes des joueurs (rires)

J’ai de grands souvenirs de la saison 1980-1981 ponctuée du 10e titre de champion de France, hélas le dernier à ce jour. Cette saison-là, un match m’a particulièrement marqué, j’avais eu la chance de le voir à la télé quand j’étais enfant : la victoire 5-0 sur le terrain de Hambourg en Coupe de l'UEFA. Michel Platini avait brillé en mettant un doublé, Jean-François Larios et Jacques Zimako avaient également marqué. Saint-Etienne avait d’excellents joueurs à tous les postes, notamment en défense avec Christian Lopez et Gérard Janvion.

Ton fils aîné est fan des Verts alors qu’il n’a pas connu les grandes heures du club. Comment il a chopé le virus ?

Nous, dans la famille, on aimait forcément Boulogne et le Racing Club de Lens puisque ce sont des clubs de notre région, mais aussi Saint-Étienne qui était, à l'époque, pour mon petit frère et moi, le Paris Saint-Germain des années 80 ou l'OM des années 90. On avait les yeux rivés sur Saint-Étienne. Mon père m'a donné ce virus. Moi, je l'ai donné à mon frère. Et mon fils ainé François (27 ans), a attrapé le virus. Même mon deuxième fils Charlie (18 ans), qui est joueur au centre de formation de Bastia, quand il était petit, aimait Saint-Étienne. Quand les Verts jouaient, on regardait leurs matches, même si on en regardait d'autres.

Samedi, tu viendras dans le Chaudron en tant qu’entraîneur de l’USBCO. T’es déjà venu à Geoffroy en tant que supporter stéphanois ?

Oui, pour les 18 ans de mon fils aîné, on a fait le déplacement depuis Boulogne tous les deux pour voir les Verts contre l’OM. Je lui ai fait la surprise, c'était son cadeau d'anniversaire. J’avais réussi à avoir des places. C’était en 2016. Je me souviens qu’il y avait eu 0-0 et qu’il faisait bien froid ! (rires) On avait logé dans un hôtel où il y avait plein d’autres supporters qui venaient de toute la France pour voir ce match. La ferveur verte, c’est quelque chose ! Le lendemain, on a fait un tour à la boutique des Verts, forcément ! Mon fils s’était déjà déplacé en 2009, avec mon frère, quand Boulogne était venu gagner à Geoffroy-Guichard 1-0.



Une performance à ne surtout pas rééditer ce samedi soir !

Pourquoi pas ? (sourire) Pour l’anecdote, mon adjoint Anthony Lecointe jouait à l’USBCO cette saison-là. Il avait d’ailleurs disputé en tant que titulaire le match retour à la Libé. Cette équipe de Boulogne de la saison 2009-2010 m’a marqué évidemment car le club évoluait alors dans l’élite. J’étais à l’époque éducateur des U18 jusqu’à la montée en L1. Cette équipe m’inspire, elle fait partie de notre histoire d'ailleurs. Anthony, mon adjoint, dont je suis le témoin de mariage, a vécu toute cette aventure-là.

Tu penses que ton équipe est capable de créer l’exploit ce samedi dans le Chaudron comme l’avait fait celle de Laurent Guyot en 2009 ?

On essaye de prendre des points dans tous les matchs. Aujourd'hui, on sait que ce sera très difficile de jouer à Saint-Etienne, mais pour autant, on y vient avec de l'ambition et on espère y ramener quelque chose. Ça me fait bien sûr quelque chose de venir dans le Chaudron, il faudra faire abstraction de tout ça pour ma part parce qu'on a un match à jouer, mais c'est certainement l'une des plus belles ambiances de France avec des kops magnifiques, une ferveur populaire énorme.

J’avais rencontré en vacances une dame qui est dans les groupes de supporters de Saint-Etienne et qui nous avait justement permis de venir et qui avait hébergé mon frère et mon fils lors du match de Boulogne. On s'était trouvé vraiment dans des discussions de foot assez intéressantes parce que Saint-Etienne, ça reste un club mythique et ça le restera toujours d'ailleurs.

Est-ce que tu ressens une excitation particulière chez tes joueurs ? Quasiment aucun n’a déjà eu l’honneur de jouer à Geoffroy !

Jonas Martin a dû y jouer plusieurs fois je pense. Demba Thiam y a joué il y a deux saisons quand il défendait les couleurs de Dunkerque. Mais pour tous les autres, je pense en effet que ce sera une première. Ibrahima Koné était déjà à Boulogne en 2009 mais il n’avait que 19 ou 20 ans à l’époque, il n'était pas dans le groupe lors de la double confrontation avec l’ASSE. Aujourd'hui, forcément que mes joueurs, comme ceux de tous les autres clubs je pense, sont excités à l’idée de jouer à Geoffroy-Guichard. Nous, on essaie surtout de se focaliser sur le match et de se dire qu'il faudra un grand Boulogne pour obtenir un point. Et ça, on en a conscience.

L’ASSE comme l’USBCO n’ont pas su gagner samedi dernier à l’extérieur alors que les deux équipes ont longtemps joué en supériorité numérique. Comment analyses-tu avec le recul le point pris par ton équipe sur le terrain du Red Star ?

Le regret qu'on peut avoir, c'est d'avoir manqué d'efficacité. Je pense qu'on a eu l'opportunité de gagner ce match. D'ailleurs, on était mené et on avait réussi à renverser la rencontre. Après, on n'a malheureusement pas été efficace en première mi-temps et ça nous a coûté un peu cher sur la fin du match. On a aussi marqué un but qui nous a été refusé. Mais pour une équipe comme Boulogne, dans sa position et sa recherche de points, prendre un point chez le deuxième, malgré la physionomie du match, ça reste un bon résultat.

Clairement ! Si l’ASSE avait pris un point à Reims, elle serait toujours sur le podium à l’heure où on se parle. Cette 6e verte défaite de la saison de L2 a scellé le sort d’Eirik Horneland, qui officiera quand même une dernière fois sur le banc stéphanois pour la réception de ton équipe. Que t’inspire le contexte très particulier de cette rencontre ? Te dis-tu que les Verts sont bons à prendre ou crains-tu qu'ils sortent enfin une grosse prestation pour la der de leur coach norvégien ?

De toute façon, dès la fin du match à Reims et vu les articles qui sont sortis en ce début de cette semaine, je me disais que c'était compliqué pour Eirik Horneland. J’ai appris ce mercredi que ce serait son dernier match samedi. Il y aura une grande attente du public. Les joueurs savent aussi que certainement leur futur entraîneur sera dans le stade ou en tout cas observera beaucoup le match. Mais nous, pour le coup, on sait qu’il faut se focaliser sur nous. Il faudra être très bon quoi qu'il arrive et quel que soit le contexte. De toute façon, à Saint-Etienne, pour prendre au minimum un point, il faudra vraiment être très rigoureux, très discipliné et se surpasser.

Après le match perdu à Reims, Eirik Horneland a reconnu que son équipe ne progressait pas. On a l'impression que la tienne, promue très tardivement suite à la liquidation de l’AC Ajaccio, est en progrès et s’est mis au niveau de la Ligue 2 après des débuts très difficiles marqués par 6 défaites lors des 8 premières journées.

Oui, notre équipe a progressé dans beaucoup de domaines. Déjà, il a fallu que les joueurs s'adaptent au niveau parce qu'encore une fois, très peu de garçons avaient évolué à ce niveau. Donc forcément, c'était difficile de monter la marche et de se rendre compte des exigences du niveau requis pour exister en Ligue 2. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on s'y rapproche. On est dans la bataille, mais ça, on le savait. On avait toujours dit que de toute façon, nous, on serait là pour batailler jusqu'à la dernière minute du dernier match. Donc ça n'a pas changé.

On essaie de mettre en avant nos valeurs. On essaie de travailler aussi beaucoup tactiquement. Anthony, qui a ce registre-là dans notre staff, travaille beaucoup sur la progression individuelle et collective des joueurs. Et moi, je suis plutôt dans l'aspect du management et du côté mental où il fallait aussi progresser, réduire la marge d'erreur. C'est très important chez nous. Au début, on donnait quand même un petit peu à manger aux adversaires.

D'ailleurs, on avait été battu 1-0 au match aller sur une erreur d'inattention sur un coup de pied arrêté. Donc tout ça, on essaie de le réduire. Et puis, les garçons progressent parce qu'on a beaucoup de jeunes joueurs très travailleurs et à l'écoute. Cela permet de prendre une certaine osmose avec un ou deux anciens comme Jonas Martin qui sont venus amener une touche de professionnalisme supplémentaire à notre effectif et une touche technique. Et du coup, ça tire tout le monde vers le haut.

Si tu devais décrire en quelques mots les points forts de ton équipe, tu mettrais quoi en avant ?

Je mettrais en avant nos valeurs. Nos valeurs collectives et le fait de ne jamais rien lâcher et d'y croire quel que soit le contexte et jusqu'au bout. Même si on sait que là, face à nous, il y aura une grande montagne. Si on a une chance de prendre un point, on le fera. Et si la chance se présente d’en prendre plus, on essaiera de saisir l'opportunité. On sait que ce sera un beau combat et qu'on va vivre quelque chose de très fort samedi à Geoffroy-Guichard.

Tu sens que tes joueurs sont prêts à se dépouiller pour tenter d’endiguer les assauts de Sainté ? T’as des garçons dignes de Jimmy Gressier, des coureurs de fond à la Jimmy Gressier ?

On a ces valeurs de courage, cette volonté farouche de ne jamais lâcher. D'ailleurs, on s'est aussi un peu inspiré de Jimmy qui est aussi un enfant du Chemin Vert (sourire). En septembre dernier, il a réalisé l'un des plus grands exploits de l'athlétisme français en devenant champion du monde du 10 000 mètres à Tokyo. Notre objectif, on ne va pas aller jusqu'au mot « "champion du monde", mais notre objectif d'être "champion" cette année, c'est de rester en Ligue 2. Si on reste en Ligue 2, dans notre tête à nous, quelque part, on aura gagné notre championnat.

C'est la meilleure attaque de L2 qui recevra l’avant-dernière défense ce samedi soir à Geoffroy-Guichard. Redoutes-tu le réveil stéphanois ? Après tout, Rodez en a pris 4 et Pau 6 dans la même enceinte, on ne peut écarter la possibilité d’un nouveau carton…

Bien sûr, parce qu'en plus, le contexte, pour le coup, peut s'y prêter. Ce sera le dernier match du coach stéphanois, je ne connais pas les affinités entre les uns et les autres. Les Verts nous ont montré qu’ils peuvent être redoutables quand ils se lâchent. Mais je me refuse à dire qu’on ne joue pas le même championnat. On joue le même championnat, mais pas avec les mêmes armes. Chacun va se battre avec ses armes. On sait que si Saint-Etienne met son rouleau compresseur en marche, comme il a su le mettre contre Pau, contre Rodez, ça peut faire très mal. Cette équipe, elle est quand même armée, très très armée ! Mais on sait aussi qu’on a su faire douter Troyes, qu’on on a su faire douter le Red Star. On espère faire douter Saint-Etienne…

L’ASSE a un budget 7 fois plus important que celui de l’USBCO, l’effectif des Verts vaut 9 fois plus celui des Boulonnais selon Transfermarkt. Mais tu n’as pas pour autant le discours d’un petit poucet qui affronte un ogre !

J’ai été un peu dans ce registre-là dans la toute première partie de saison. J’avais dit aux joueurs qu'on était dans une phase d'apprentissage. On a laissé beaucoup de points lors de cette phase-là. Tu l’as rappelé, on a perdu 6 de nos 8 premiers matches. On est après passé dans une phase d'évolution où on a commencé à prendre des points. Et puis aujourd'hui, on n'a pas d’autre choix que de se dire qu'il faut être dans la phase de performance. Cette saison, on a pris 2 claques à la maison contre Pau (0-3) et Reims (2-6), on en a pris une autre (3-0) à Guingamp.

Mais au Roudourou, j'ai dit à mes joueurs qu'il fallait arrêter de se dire que ce n'est pas contre ces équipes-là qu'on se maintiendrait, parce qu'aujourd'hui, on peut se rendre compte qu'un point, c'est un point. Effectivement, on ne joue pas dans la même catégorie en termes de stade, de public, de budget, de joueurs peut-être. Mais samedi il y aura 11 joueurs contre 11 joueurs et nous, on doit faire avec nos valeurs.

L’ASSE a de loin la plus grosse possession de la L2 (62,5%) alors que l’USBCO a l’avant-dernière (43,3%) devant le RAF (40,7%). Cela t'inspire quoi ?

Forcément, l’A.S. Saint-Etienne, au vu de son effectif et de ses joueurs - certains internationaux quand même ! - a une qualité technique supérieure à la moyenne du championnat. Elle a donc cette possibilité de jouer la possession. Nous, on a tout d'abord construit des fondations pour après essayer de piquer l'adversaire. Quand on peut se donner des temps de possession, on se les donne. Mais on a aussi cette philosophie de se dire que, dans la transition, si on peut faire mal, il faut faire mal.

Avec mon adjoint Anthony, on aime bien les équipes qui jouent bien au ballon. Mais on a aussi cette caractéristique de s'adapter aux joueurs qui sont sous notre responsabilité. Et aujourd'hui, on a fait de la transition parfois une de nos forces. Mais on sait aussi faire, parfois, quand on peut confisquer le ballon à l'adversaire, une force de notre possession. Pour autant, je pense que chacun s'adapte à son effectif. Pour avoir la possession, il faut avoir une qualité technique supérieure à la moyenne. Nous, on a un effectif de qualité, mais on reste lucide, on n'a pas un effectif techniquement supérieur à la moyenne dans ce championnat.

Eirik Horneland fait jouer systématiquement son équipe en 4-3-3. C’était ton schéma préférentiel la saison dernière en National mais cette saison de L2 tu l’as utilisé seulement contre Rodez. A l’aller contre Sainté, tu as joué en 5-3-2, comme à Nancy et lors de ta déroute contre Reims. Tu as joué 5 fois en 5-4-1, 5 autres matches en 4-4-2, tu as testé un 4-5-1 contre Guingamp, un 4-2-3-1 contre Le Mans et tu as évolué 4 fois en 4-1-4-1, notamment lors de tes 2 derniers matches. Tu changes aussi souvent de système pour tenir compte de l’adversité ?

Anthony étudie beaucoup la tactique. Notre analyste vidéo Amaury Watine nous envoie pour ce faire beaucoup d’éléments. On en discute tous ensemble avec le staff. On essaie de s'adapter par rapport à nos forces et à nos faiblesses suivant la qualité de l'adversaire. Quand on a reçu Saint-Etienne, vu ce que les Verts montraient et ce qu'ils étaient capables de faire, on s'était mis dans un système. Contre d'autres équipes, on a fait d’autres choix. Tout dépend de ce qui a été identifié, de l'effectif qui est disponible pour nous. Parfois, il y a des joueurs absents. À partir de là, on essaie surtout de se baser sur des animations, pas forcément sur des systèmes. C'est Anthony qui travaille beaucoup là-dessus. Après, on essaie de mettre les stratégies qui peuvent mettre notre adversaire en difficulté.

Le mercato d’hiver prendra fin lundi prochain à 20h00. Si tu pouvais débaucher un joueur de l’ASSE, tu prendrais qui ?

Je les prendrais tous ! (rires) J'ai beaucoup de respect pour les joueurs de Saint-Etienne. Je pense qu'il y a vraiment de grosses, grosses individualités dans cet effectif. Je n'ai pas d'idée qui me vient en tête. Déjà parce que je sais que je ne pourrai jamais les avoir (rires). Et d'un autre côté, par le respect que j'ai pour eux, je ne peux pas sortir de garçons plus qu'un autre.

Si tu étais recruteur de l’ASSE, quel joueur de l’USBCO ayant le potentiel pour jouer à l’échelon au-dessus tenterais-tu de débaucher ?

Je préfère ne pas répondre à cette question ! (rires) Je respecte tous mes joueurs et je pense qu'ils ont encore tous besoin de beaucoup progresser pour arriver à ce niveau-là. On a des jeunes joueurs prometteurs, mais qui ont encore besoin de se remplir et de travailler avant d'arriver à cet échelon-là.

« Je jouais latéral droit ou gauche, parfois en numéro 6. J’étais bon dans les duels, je poussais l’équipe » avais-tu déclaré à 13 heures foot. Tu coches toutes les cases car l’ASSE a des lacunes à ces postes cette saison. Vas-tu rester à Sainté après le match de samedi pour finir la saison sur le pré avec le maillot vert ?

Si j'avais eu le niveau, ça m'aurait intéressé (sourire). Mais je pense que c’est plus mon compère Anthony qui pourrait cocher toutes les cases (rires).

Comment tu te définirais en tant qu'entraîneur ?

Je mettrais en avant les valeurs et le fait d’être capable d'emmener avec soi aussi bien un staff qu'une équipe à réaliser de grandes choses. Depuis que j'entraîne, même en amateurs, j'ai toujours donné de l'importance à la personne qui m'accompagne. Je tiens à souligner qu’à l'intérieur de mon staff, mon préparateur physique Antoine Decaix est un fan de Saint-Etienne depuis sa toute petite enfance. D'ailleurs, avec mon fils, ils sont déjà allés voir des matchs de Sainté ensemble. Et lui, il faisait les stages de l’ASSE quand il était enfant.

J’ai la chance d'être entouré de jeunes garçons pleins de compétences et en plus d'avoir un adjoint, Anthony, avec qui je me complète bien. Je pense que l'une de mes forces est de savoir emmener avec moi les gens et aussi de faire confiance. Je considère que c'est important dans un staff de faire confiance à ses adjoints et du coup, on peut tous aller vers l'avant.

Sur le plan football, est-ce que tu as eu des modèles ou des sources d'inspiration parmi les entraîneurs ?

Je me suis nourri des entraîneurs que j’ai pu côtoyer ou observer. J'étais longtemps entraîneur de l'équipe réserve et de l'équipe U18. Quand j’entraînais les U18, j’ai eu la chance de voir à l’oeuvre Philippe Montanier qui entraînait l’équipe première. Je me suis nourri de Philippe, de Hubert Fournier aussi qui était son adjoint à l'époque, de Laurent Guyot, d'Olivier Frappoli et de Stéphane Jobard, de Michel Estevan... Bref, des différents entraîneurs à la tête de l'équipe première. Mais je me suis nourri aussi de tous les éducateurs de jeunes et de seniors que j'ai pu avoir à Boulogne parce que j'ai très vite aimé entraîner et j'ai essayé de prendre le meilleur de chacun et de le mettre à ma sauce.

Le premier nom que tu viens de citer est fortement pressenti pour succéder à Eirik Horneland sur le banc de l’ASSE. Que peux-tu nous dire sur lui ?

Philippe, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup humainement et professionnellement. Nous sommes restés en contact, j'ai encore l'occasion parfois d'échanger avec lui. Il a de grandes qualités d’entraîneur. Ce qu’il a fait dans notre club à l'époque, c'était super. C’est quelqu'un qui prône beaucoup de valeurs également, qui aime le jeu, qui met beaucoup de rigueur dans ce qu'il fait et qui croit aux gens. Mon collègue Anthony par exemple a été lancé par Philippe alors qu'il était en réserve à l'époque.

Philippe, c'est quelqu'un qui n'oublie pas les gens. Encore aujourd'hui, on a un parfois un petit message, un petit appel, on a des contacts. C'est vraiment quelqu'un qui a de grosses valeurs humaines. Je pense que c'est quelqu'un qui pourrait convenir à la fois au club de Saint-Etienne, mais aussi à son public. Il connait d’ailleurs le club et son environnement pour y avoir été gardien une saison à la fin de sa carrière de joueur, quand l'équipe de Robert Nouzaret venait de monter en Ligue 1.

C’est quel type d’entraîneur ?

Philippe est à la fois un grand tacticien et un meneur d'hommes. C'est quelqu'un qui a une grande expérience, qui sait poser les choses et les faire avancer. Je pense qu'il l'a prouvé dans sa carrière à la fois en France, mais aussi à l'étranger, notamment en Espagne. Et quand il est revenu, il a eu beaucoup de bons résultats. Son dernier passage à Toulouse est vraiment très probant. Il a fait monter le club en L1, l’a maintenu sans trembler et a remporté la Coupe de France.

Philippe est expérimenté. Il a des idées, il sait les mettre en place, mais il sait aussi s'adapter. Il prône un jeu avec beaucoup de rigueur, mais aussi un jeu porté vers l'avant. À l'époque de Boulogne, en Ligue 2, il était dans un système plutôt à quatre, caractérisé par une très grosse rigueur défensive, mais aussi porté vers l'avant avec des joueurs de qualité comme à l'époque Grégory Thill, mais aussi Antoine Devaux, Alexandre Cuvillier, et d'autres. Ces joueurs apportaient cette partie offensive d'efficacité. Philippe, c’est quelqu’un qui cherche beaucoup l'efficacité.

Merci à Fabien pour sa disponibilité