Je m’appelle Envengger. Lars Envengger. Bien que de (lointaine) descendance suédoise, j’ai été fraîchement formé à Clairefontaine, dans la même promotion que Montanier… C’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers les clubs de mon pays d’adoption pour trouver mon premier emploi d’entraîneur en mai 2009. Je passerai sur les refus polis (ou pas) des clubs de Ligue 1, sur les contre-propositions pour devenir entraîneur-adjoint en Ligue 2… Pour me concentrer sur la seule offre ferme reçue par un club, semi-professionnel, qui évolue en National. Un avenir à construire, mais bon, faute de grives…
Quelques informations à propos de Luzenac (source : Wikipédia).Luzenac est une commune française, située dans le département de l'Ariège et la région Midi-Pyrénées. Elle est notamment connue pour l'exploitation de ses mines de talc et son équipe de football qui évolue en championnat national (3eme division). Ses habitants sont appelés les Luzenaciens. Le village (car c’est bien de village dont il s’agit) regroupe 638 âmes, pas une de plus. Notez, un bled spécialisé dans la production de talc, au moins, on saura quoi offrir à nos adversaires le jour des matches pour atténuer les fessées qu’ils vont se prendre (je la note celle-là , je la ressortirai en conf’ de presse).
L’US Luzenachttp://www.usluzenac.info/Première décision valable: je vire le webmaster, ainsi que le mec qui s'occupe du design et du merchandising. Ca va mieux là , nan?

Allant de pair avec la situation bien particulière au niveau géographique et démographique, le niveau de développement et d’équipement du club est très faible. Un palmarès plus que restreint, des structures de formation inexistantes, la présence de l’US Luzenac en National est déjà un exploit en soi.

La situation budgétaire est saine, bien que on ne peut plus minimaliste pour ce qui est de l’enveloppe transferts… Ce bon niveau de trésorerie m’autorisera cependant des libertés dans mon recrutement, bien que je ne bénéficie pas de la variable d’ajustement des transferts !
L’effectif
Au moins de ce côté, rien à attendre. La majorité des joueurs sous contrat sont en effet très mauvais, la plupart ayant des caractéristiques physiques correctes… Et étant nullissimes par ailleurs, comme celui-ci à titre d’exemple :

Les trois exceptions sont les seuls joueurs « de valeur », bien que seul le gardien se détache sur ce plan-là . Cependant, arrivé à l’intersaison 2009 juste avant moi, il est illusoire d’espérer en tirer quoique ce soit avant octobre/novembre, si d’aventure mon recrutement devait l’écarter de l’équipe première. Cela vaut pour les deux autres joueurs (Peres étant au club depuis plusieurs saisons, mais étant blessé pour deux mois).



L’effectif est enfin complété par des joueurs sous contrat amateur (et qui ne me coûte donc pas un sou) qui paradoxalement, se trouvent être bien meilleurs que ceux comme Cardoso (voir plus haut). Pour dépanner, ils peuvent être intéressants… Bien qu’ils puissent partir à la moindre offre. C’est un risque jouable en National.
La tactique 
La mode est depuis quelques saisons à des tactiques très centrales, je ne vais donc pas déroger à la règle. Il s’agit d’un 4-1-2-1-2, qui me permet de poser le jeu, de développer patiemment une sorte de « toque », et de planter une attaque au moment où mes milieux offensifs le jugent opportun. Par ailleurs, la relative liberté créatrice, bien que potentiellement gênante en National, ayant des joueurs a priori peu doués sur ce plan, permet aussi de pouvoir gérer mon cauchemar tactique : les équipes qui jouent le contre. La faiblesse de cette tactique peut résider dans l’abandon des ailes, mais de ce que j’ai pu en pratiquer, cela ne se voit pas dans le jeu de l’équipe.
La stratégie de recrutementAvec un budget nul (au sens premier du terme !), et seulement trois joueurs dotés d’une valeur marchande, bien que difficilement négociables, la seule façon d’améliorer l’équipe réside dans les transferts libres.
Je vais adopter une stratégie visant à contourner les restrictions du Comité Directeur : en recrutant massivement sur une courte période, et en repoussant à chaque signature la confirmation d’une semaine, je vais avoir un grand nombre de signature d’un coup, explosant la masse salariale immédiatement, mais me permettant de recruter un onze potable, et les remplaçants. Si je prends le temps des recherches tout au long de l’été, et si j’adopte une démarche classique, avec une marge d’une dizaine de milliers d’euros, je vais avoir... Allez, quatre/cinq joueurs potables.
Le danger avec cette tactique est double :
- d’une part, je prends le risque de déstabiliser le club financièrement ; s’il n’y a pas plus-value importante en fin de saison, parcours intéressant en Coupe voire montée en division supérieure, le club sera mal financièrement, et je serai obligé alors de revendre de bons joueurs, entrant dans un cycle affaiblissant l’équipe…
- je n’aurai pas de possibilité de réajustement, sauf légèrement au mercato d’hiver. Je me coupe potentiellement, sauf revente en janvier de certaines recrues, d’accéder aux joueurs en fin de contrat. En même temps, l’expérience m’a montré par le passé qu’un club à faible réputation pouvait faire une croix sur les joueurs intéressants sur ce premier mercato…
Petite parenthèses : j’utilisais les filtres manuellement, par rapport aux joueurs disponibles, pour mieux cibler mes besoins, et de manière très parcellaire (des joueurs déterminés, doués en tacles pour la défense, etc…). Cette démarche a été optimisée et vous pouvez en télécharger le résultat ici, en lien direct avec les postes attribués dans vos tactiques :
http://www.frenchtouch.org/index.php?/t ... echerches/J’ajoute enfin que le staff et plus particulièrement les recruteurs, sont quasi inutiles. C’est donc le bouche à bouche (comprendre, des noms qui reviennent sur les forums, des joueurs croisés dans d’autres vies, etc…), qui outre ces filtres, constitue l’essentiel de mes recherches.
(la suite : des recrues comme s’il en pleuvait à Paul Fedou, sous une semaine !)