Le Parisien a publié aujourd'hui une interview de Blaise Matuidi. Extraits.
"Je n’avais jamais été absent aussi longtemps. Mais j’ai la chance de posséder un gros mental : je savais qu’en deux mois je ne pouvais pas perdre toutes mes qualités. Et même avec le changement d’entraîneur, je n’ai pas douté. Motta est un gros plus pour le groupe, mais je donnerai tout pour prouver que je mérite ma place sur le terrain. L’Euro est dans ma tête et je vais me battre pour cela. Et si je devais le manquer, je me ferais une raison. Je n’ai que 24 ans et j’ai encore des progrès à faire. Notamment dans mon ratio de passes réussies vers l’avant.
Les entraînements de Carlo Ancelotti, c’est super pointu. Sans dénigrer le travail de M. Kombouaré, qui était très bon, c’est un autre monde. Le foot est un sport de détails et, en France, on a tendance à l’oublier. Par exemple, avec le GPS que nous portons à l’entraînement, tout est millimétré. Maintenant, on sait si j’ai plus appuyé sur ma jambe droite que sur la gauche pendant une séance. Ça peut souligner un petit souci physique. Sans le GPS, peut-être que tu peux serrer les dents sans rien dire. Là, tu ne peux pas tricher. Paris a besoin de joueurs à 100%. Il faut d’abord remporter des titres. Commençons par être champion cette année. Cette ambition-là, il faut l’assumer.
Pourquoi je préside une association de réinsertion par le sport pour les jeunes Congolais. Il faut savoir d’où l’on vient. Avec l’Angola, le Congo fait partie de mon histoire. J’ai eu une enfance difficile, peut-être pas aussi difficile que ces jeunes. Mais je connais ce pays et je me dois de donner une chance à ces gamins. J’ai vécu dans une cité et j’ai connu des manques. Par bonheur, j’ai reçu une éducation qui m’a sauvé. J’ai appris le respect et la politesse. Cela m’a empêché de passer de l’autre côté. Mes parents, mes grands frères et ma passion du foot m’ont sauvé. Quand, dans ton entourage, il y a des gens pas forcément droits, il peut y avoir des tentations. Mon destin m’a fait prendre la bonne route et j’en suis fier." |